Le 18 novembre dernier, le vice-gouverneur de la province du Maniema, Corneille Katisamba Makubuli, a annoncé le lancement officiel de la taxe de circulation routière. Cette nouvelle initiative vise principalement à mobiliser des fonds pour la réhabilitation des infrastructures routières, essentielles au développement économique de la région. Les motards et camionneurs sont les principaux concernés, avec des montants fixés selon le type de véhicule.
Le ministre provincial des Transports, Oleko Lungundu, a précisé les tarifs appliqués : 1 500 francs congolais pour les motos à deux roues, 2 500 francs pour celles à trois roues et 5 000 francs par véhicule motorisé. Une stratégie d’encadrement a également été mise en place pour garantir une collecte efficace et transparente. « Nous avons mobilisé une équipe composée de seize superviseurs, appuyés par des agents de l’ACCO, de la division des Transports et du CNPR », a-t-il déclaré.
Des réactions mitigées parmi les transporteurs
Bien que cette taxe soit présentée comme un outil de financement pour l’amélioration des routes, son introduction suscite des réactions variées au sein des usagers. Pour certains, elle représente une contribution nécessaire au progrès. Songolo Babin, un habitant de la région, exprime une vision optimiste :
« Pour moi, c’est normal. Cet argent servira à construire les routes, y compris celles qui desservent les zones agricoles. Nous demandons seulement que les autorités utilisent ces fonds pour le bien commun et non pour leurs intérêts personnels. Que cet argent contribue réellement au développement de notre province. »
D’autres, en revanche, jugent les montants imposés trop élevés, notamment les motards de Kindu qui réclament une réduction pour ne pas alourdir leurs charges quotidiennes. Un d’eux confie :
« Les 1 500 francs, c’est beaucoup pour nous qui sommes taximen. Si on pouvait réduire ce montant à 500 ou 1 000 francs, cela nous faciliterait les choses. »
Une approche évolutive pour une meilleure acceptation
Le ministre Oleko Lungundu a tenu à rassurer les contribuables en indiquant que cette taxe ferait l’objet d’évaluations régulières afin d’adapter les modalités de perception et les montants en fonction des réalités économiques locales. L’objectif affiché reste clair : renforcer les infrastructures routières pour soutenir les activités économiques et améliorer les conditions de vie des habitants.
En fixant ces montants, le gouvernement provincial semble vouloir trouver un équilibre entre la nécessité de mobiliser des ressources et la capacité contributive des citoyens. Toutefois, la réussite de cette initiative repose sur une gestion rigoureuse des fonds collectés, afin de répondre aux attentes des contribuables et d’instaurer un climat de confiance.
M.KOSI

