La dépendance aux combustibles traditionnels reste une réalité pesante pour la majorité des ménages en Afrique subsaharienne. Chaque année, les coûts engendrés par cette situation sont estimés à 791,4 milliards de dollars, selon un rapport de la Commission de l’énergie de l’Union africaine.
Des disparités entre zones rurales et urbaines
Les chiffres révèlent un contraste marqué entre les zones rurales et les zones urbaines. En 2021, 58,3 % des citadins utilisaient encore des combustibles polluants, un pourcentage en baisse comparé aux deux dernières décennies. Toutefois, dans les régions rurales, où l’accès aux infrastructures modernes reste limité, 80,8 % des habitants dépendent toujours de ces combustibles, une évolution à peine perceptible par rapport à 2000, où ce taux était de 86,6 %.
Cette lente adoption des solutions de cuisson propre s’explique principalement par le manque d’accès aux infrastructures modernes et aux services de base. Les coûts élevés et l’absence de financements adaptés freinent également l’adoption de technologies modernes.
Des exemples de progrès
Certains pays se distinguent néanmoins par des politiques énergétiques structurées. Le Gabon, grâce à son programme de promotion du gaz de pétrole liquéfié, a permis à plus de 60 % de sa population de l’adopter. Les projections indiquent que ce taux pourrait atteindre 80 % dans les prochaines années. Parallèlement, des pays comme le Cap-Vert et Maurice ont réussi à étendre l’accès à des solutions modernes, approchant l’objectif d’universalité.
En revanche, d’autres nations, comme la RDC ou le Niger, affichent des taux d’accès inférieurs à 10 %, malgré une croissance démographique rapide.
Les impacts économiques et sanitaires
L’usage de combustibles traditionnels a des conséquences directes sur la santé, avec environ 600 000 décès chaque année liés à la pollution intérieure. Cette situation affecte également l’économie des ménages, particulièrement en milieu rural, où les femmes passent une grande partie de leur temps à collecter du bois, limitant leur participation à des activités génératrices de revenus.
Une initiative continentale pour une solution durable
Face à ces défis, l’Union africaine propose de créer une Facilité africaine pour la cuisson propre, visant à intégrer cet enjeu dans les politiques nationales. Cette démarche pourrait améliorer l’accès aux technologies modernes tout en stimulant les investissements dans ce secteur.
Avec un besoin de financement estimé à 4 milliards de dollars par an, cette initiative ambitionne de changer la donne d’ici 2030 en facilitant un accès universel à la cuisson propre en Afrique.
M.MATUVOVANGA

