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Transformation locale des minerais : Sandrine Ngalula identifie trois conditions pour réussir le pari industriel de la RDC

La République démocratique du Congo peut-elle enfin passer du statut de simple exportateur de minerais à celui de puissance industrielle capable de transformer localement ses ressources stratégiques ? La réponse est oui, selon Sandrine Ngalula Mubenga, qui est intervenue sur cette question lors de l’édition 2026 de l’Africa Executive Forum (AEF).

sandrine ngalula
sandrine ngalula

La République démocratique du Congo peut-elle enfin passer du statut de simple exportateur de minerais à celui de puissance industrielle capable de transformer localement ses ressources stratégiques ? La réponse est oui, selon Sandrine Ngalula Mubenga, qui est intervenue sur cette question lors de l’édition 2026 de l’Africa Executive Forum (AEF).

Face aux décideurs économiques et politiques réunis à ce rendez-vous continental, l’experte congolaise en énergie a défendu une vision ambitieuse de l’avenir du secteur minier national, fondée sur la création de valeur ajoutée à l’intérieur du pays plutôt que sur l’exportation de matières premières brutes.

« La RDC regorge de minerais. Nous détenons plus de 70 % des réserves mondiales de cobalt, ainsi que d’importantes réserves de cuivre, d’uranium et d’autres minerais critiques. Mais le défi reste le même : nous continuons à les exporter sans les transformer », a-t-elle déclaré.

Pour Sandrine Ngalula, la transformation locale des minerais constitue une étape incontournable pour accélérer l’industrialisation du pays et maximiser les retombées économiques du secteur extractif. Cette orientation permettrait notamment de créer davantage d’emplois qualifiés, de renforcer les chaînes de valeur locales et d’accroître les recettes générées par les ressources naturelles du pays.

Mais la spécialiste estime que cette ambition ne pourra se concrétiser sans une stratégie structurée reposant sur trois leviers essentiels. Le premier concerne le développement d’une industrie locale de transformation capable de traiter sur place les minerais extraits du sous-sol congolais.

Le second repose sur la formation des ressources humaines.

A l’en croire, le pays doit investir davantage dans l’éducation technique et scientifique afin de disposer d’une main-d’œuvre qualifiée répondant aux besoins de l’industrie minière moderne.

« Il faut créer des centres d’excellence et former les compétences qui travailleront dans ces industries afin d’assurer une adéquation entre la formation et les besoins du marché de l’emploi », a-t-elle expliqué.

Le troisième pilier est celui de l’énergie, considéré comme le socle de toute politique de transformation industrielle. La professeure en génie électrique rappelle que les unités de traitement et de transformation des minerais nécessitent d’importantes quantités d’électricité, un défi majeur dans un pays où l’accès à l’énergie demeure limité.

« Toute transformation minière est extrêmement énergivore. Une électrification intensive est indispensable pour soutenir cette ambition », a-t-elle insisté.

En outre, elle a plaidé pour une mobilisation conjointe du secteur privé et des pouvoirs publics afin d’accélérer les investissements énergétiques, tout en appelant à la concrétisation de grands projets structurants tels que Grand Inga, considéré comme l’un des plus importants projets hydroélectriques au monde.

Membre du conseil d’administration de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE), professeure à l’University of Toledo et fondatrice de SMIN Power Group, Sandrine Ngalula s’impose depuis plusieurs années comme l’une des principales voix congolaises sur les questions liées à l’énergie et à l’industrialisation.

Eldad Bwetu