Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), est confrontée à un défi majeur en matière de mobilité. Selon les estimations récentes, 47% de la population de cette métropole souffrent d’un déficit criant en matière de transport ferroviaire. Cette réalité a mis en lumière la nécessité urgente de moderniser le réseau ferroviaire urbain de la ville, un projet ambitieux baptisé Metrokin.
« Comme vous le savez, les besoins en mobilité à Kinshasa atteignent environ 47% de la population. Il est donc crucial que, après avoir réalisé les études nécessaires et consulté nos partenaires financiers et techniques tels qu’Alstom et l’AFC (Africa Finance Corp), nous revenions vers les autorités pour obtenir leur soutien dans la mise en œuvre de ce projet, » a déclaré le directeur général de Metrokin S.A., M. Érick Onepunga, à l’issue d’une rencontre avec le vice-Premier ministre en charge des Transports.
Préparation et coordination : les clés de la réussite du projet
Pour lancer ce projet de manière effective, une série d’actions préliminaires est nécessaire, notamment la libération des emprises ferroviaires. Cette phase cruciale demande une coordination étroite entre plusieurs ministères et Metrokin S.A. afin de garantir le bon déroulement des travaux.
M. Onepunga a également évoqué deux étapes essentielles pour la réalisation du projet : la libération des emprises et la déviation du réseau existant. Pour assurer le succès de ces opérations, un Comité de coordination du projet sera mis en place, intégrant divers ministères concernés. Ce comité est chargé de veiller à ce que les différentes étapes se déroulent conformément aux objectifs fixés par le gouvernement.
Un horizon de deux ans pour le démarrage des opérations
Dans une perspective plus optimiste, le directeur général de Metrokin a assuré que « dans deux ans et trois mois, les habitants de Kinshasa pourront embarquer à bord du métro, reliant la gare centrale à l’aéroport de N’djili. » Selon lui, il ne s’agit pas d’une solution temporaire, mais bien d’un système de transport intégré pensé pour répondre durablement aux besoins des Kinois en matière de mobilité.
Il a insisté sur le fait que « tous les signaux sont au vert pour réaliser ce projet dès maintenant, » ajoutant que le projet a atteint un niveau de maturité satisfaisant, avec des financements déjà sécurisés et des aspects techniques résolus.
La grève chez Transco : une solution en vue
Parallèlement à cette initiative, le secteur des transports en commun à Kinshasa connaît des perturbations, notamment en raison de la grève des agents de la Société de transport au Congo (Transco). Cette grève, lancée depuis plus d’une semaine, a été un sujet de discussion lors d’une réunion avec le vice-Premier ministre en charge des Transports.
« Après les résolutions prises pendant la réunion, nous demandons aux agents de Transco de reprendre le travail et de mettre fin à la grève, » a annoncé Me Didier Kumbumbu, président de l’intersyndicale de Transco. Il a précisé que le paiement de deux mois de salaires (juin et juillet) est prévu au plus tard le 15 août, et qu’un plan de relance de la société sera mis en œuvre dès mercredi, avec une fourniture garantie de 600 m³ de carburant.
Pour garantir une gestion plus rigoureuse, un audit sera lancé sous l’initiative du vice-Premier ministre, avec une invitation à tous les agents détenant des preuves de mauvaise gestion à les partager avec les auditeurs. Ce rapport constituera la base des décisions futures concernant la société.
Le projet de modernisation du réseau ferroviaire à Kinshasa, symbolisé par Metrokin, représente un tournant décisif pour améliorer la mobilité urbaine dans la capitale congolaise. Alors que les premiers pas sont en cours, les Kinois devront encore patienter avant de voir le projet prendre forme, mais les engagements pris laissent entrevoir des améliorations significatives à moyen terme.
M.KOSI


