À Kinshasa, le chantier de l’avenue de la Paix peine à avancer. Sur ce tronçon stratégique reliant Isiro à la Gare centrale, dans la commune de Gombe, les équipes font face à un problème inattendu : les égouts privés qui bordent la route entravent le rythme du projet.
D’après Adrilain Nkasa, ingénieur chez Malte Forrest, la quasi-totalité des conduites d’eaux usées des immeubles alentour traversent cette avenue. Résultat, chaque intervention implique un travail de précision pour contourner, déplacer ou protéger ces installations. Ce n’est pas tout. Sous le bitume, les canalisations de la Regideso compliquent aussi la donne. “L’état vétuste de ces tuyaux cause des ruptures d’approvisionnement en eau potable. Chaque casse coûte cher, jusqu’à 7 000 dollars pour une réparation.”, explique l’ingénieur.
Malgré ces obstacles, les travaux – supervisés par le ministère des Infrastructures et financés par le gouvernement central – avancent à leur rythme. À ce jour, sur les 741 mètres à réhabiliter, 420 mètres sont déjà bétonnés, selon le dernier bilan partagé sur le terrain. Le chantier, sous la vigilance de l’Office des voiries et drainage (OVD), entre désormais dans la phase de rechargement des matériaux, étape décisive pour la suite.
Derrière ces chiffres, un projet plus vaste se dessine : la modernisation de l’avenue de la Paix n’est qu’un segment du programme baptisé « trois communes », lancé en février 2025. Ce plan cible Gombe, Limete et Kasa-Vubu, avec une promesse : améliorer la vie quotidienne de milliers d’habitants grâce à 49 kilomètres de routes neuves ou réhabilitées. L’objectif est clair : rendre les déplacements plus fluides et stimuler le tissu économique local.
Sur le terrain, l’enthousiasme des riverains contraste parfois avec leur impatience : nombreux attendent que les travaux allègent enfin les embouteillages et facilitent l’accès aux commerces. Mais les imprévus techniques rappellent que, dans une ville où la croissance urbaine s’est faite sans réel plan d’assainissement, moderniser une simple avenue reste un défi de taille.
Pour le suivi, le ministère promet une accélération dès que les dernières contraintes seront levées. La Banque africaine de développement a d’ailleurs souligné, dans son rapport 2024 sur les infrastructures africaines, l’importance de tels chantiers pour les capitales subsahariennes. Kinshasa, en s’attaquant à ses goulets d’étranglement urbains, pose peut-être les bases d’une circulation moins chaotique demain.
— M. KOSI

