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RDC : Plus de 2 000 milliards de CDF engrangés, les finances publiques tiennent bon

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L’État congolais a enregistré un nouveau pic de recettes en ce mois de juillet : 2 039,9 milliards de francs congolais, soit environ 709 millions de dollars, sont venus alimenter les caisses publiques au 17 juillet 2025. Un chiffre officiel publié dans la dernière note de conjoncture de la Banque centrale du Congo, qui donne un éclairage précieux sur la gestion budgétaire à mi-parcours.

Les régies financières continuent de porter l’essentiel de l’effort. La Direction générale des Impôts (DGI) occupe la première place, avec 841,2 milliards de CDF collectés. Loin derrière, la Direction générale des Douanes et Accises (DGDA) totalise 372,1 milliards, tandis que la DGRAD boucle la marche avec 273,9 milliards. Cette répartition montre, une fois de plus, le poids fiscal dans la mobilisation des ressources, la douane restant un pilier incontournable mais en retrait.

Côté dépenses, la première quinzaine de juillet a vu l’État engager 1 495,6 milliards de CDF. Près du tiers de cette somme est allé à la rémunération des agents publics : 474 milliards de CDF, confirmant la lourdeur de la masse salariale dans les comptes de l’État. Le fonctionnement des institutions a absorbé 429,9 milliards, et les rétrocessions, en direction des provinces et des entités locales, ont consommé 157,5 milliards. Un équilibre qui traduit les priorités, mais aussi les limites d’un budget marqué par l’urgence sociale.

Sur cette période, la gestion budgétaire affiche un excédent provisoire de 544,3 milliards de CDF. Cet écart positif, rare dans le contexte régional, illustre la capacité relative du gouvernement à contenir ses dépenses malgré la pression des besoins courants. La RDC parvient, pour l’instant, à éviter les dérives observées par le passé, où les soldes négatifs creusaient le déficit et accroissaient la dépendance au financement monétaire.

Reste à savoir si ce résultat peut s’inscrire dans la durée. Les experts de la BCC, cités dans la note, appellent à la vigilance : « La maîtrise de l’exécution budgétaire sur les prochains mois dépendra de la stabilité macroéconomique et de la discipline fiscale des institutions. » Ce constat rappelle que les défis structurels demeurent entiers, alors que les recettes fiscales restent exposées aux chocs extérieurs et aux variations des cours de matières premières.

Sur le terrain, plusieurs acteurs interrogés s’interrogent sur la répartition réelle de l’effort fiscal. L’économiste Jacques Ilunga, joint par Lepoint.cd, souligne : « La DGI maintient sa place de leader, mais le potentiel de la DGRAD et de la DGDA est loin d’être pleinement exploité. Les réformes engagées devront produire des effets plus visibles dans la durée, surtout en matière de transparence et de contrôle des flux. »

Au-delà des chiffres, cette photographie budgétaire traduit la volonté de redresser les comptes publics, tout en affrontant une situation sociale tendue. Un équilibre fragile, dont le maintien exigera à la fois rigueur et innovation, sous peine de voir resurgir de vieilles faiblesses. L’expérience des derniers mois prouve que la discipline n’est jamais acquise : chaque excédent reste à confirmer.

— M. KOSI

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