Plus d’un mois après l’entrée en fonction du gouvernement Suminwa II, Félix-Antoine Tshisekedi a réitéré son appel à une discipline budgétaire stricte. Lors de la 58ᵉ réunion du conseil des ministres, le Chef de l’État a rappelé que la crédibilité de l’action publique dépend d’une gestion transparente et responsable des ressources financières.
Vers un dispositif permanent de suivi des dépenses
Le Président a demandé à chaque membre du gouvernement d’adopter une approche axée sur la responsabilité individuelle et collective. Selon lui, les crédits publics ne doivent plus suivre une logique de consommation automatique mais être orientés vers des dépenses pertinentes, génératrices d’impacts concrets pour la population.
Il a également souligné que des lenteurs persistent dans la chaîne de la dépense. Pour y remédier, il a instruit le vice-Premier ministre en charge du Budget et le ministre des Finances de mettre en place un mécanisme conjoint de liquidation et de paiement. Ce dispositif, fondé sur la disponibilité réelle de la trésorerie, devra assurer célérité, transparence et traçabilité à chaque étape.
L’objectif affiché est double : fluidifier la dépense publique et renforcer la responsabilisation des ordonnateurs. Tshisekedi insiste sur le fait que la rigueur et la redevabilité doivent devenir des réflexes pour l’ensemble des gestionnaires publics.
Cette interpellation survient à la veille de la session budgétaire de septembre, conformément à l’article 115 de la Constitution. Elle s’inscrit dans la continuité des précédentes mises en garde du Chef de l’État.
Dans un rapport récent, l’Observatoire de la dépense publique (Odep) a rappelé que l’exécution des crédits d’investissement reste inférieure à 5 % depuis plusieurs décennies, tandis que la majorité des ressources est absorbée par le fonctionnement et les rémunérations. L’Odep dénonce une gouvernance orientée vers l’urgence plutôt que vers une planification de long terme.
— M. MASAMUNA



