Le gouvernement congolais avance dans la mise en place d’un socle financier durable pour la RTNC. Un mécanisme de recouvrement de la redevance audiovisuelle est en voie de concrétisation, avec des accords déjà signés entre la chaîne publique et les principaux diffuseurs du pays, dont CANAL+, Startimes et Easy TV. Chaque abonnement sera désormais grevé d’un prélèvement de 2,4 %, directement reversé à la Radio-Télévision Nationale Congolaise.
Cette initiative ne date pas d’hier. Depuis 2024, les discussions se sont intensifiées pour asseoir une base juridique et organisationnelle solide. Le dernier Conseil des ministres du 25 juillet 2025 a permis de dresser un état des lieux détaillé. Un arrêté interministériel, déterminant les modalités précises de recouvrement, est déjà sur la table du ministre des Finances, en attente de signature. Ce texte doit encadrer les transactions et garantir une collecte transparente et encadrée.
Pour faire fonctionner cette architecture, plusieurs institutions sont mises à contribution. La REGIDESO, la SNEL et l’ARPTC joueront un rôle de relais, via leurs services de facturation. D’autres ministères sont également sollicités. Celui de l’Intérieur devra faciliter la conclusion d’accords avec les provinces, pendant que le ministère de la Justice pourrait être appelé à intervenir en cas de manquements. Le ministère des Finances est lui chargé de finaliser un protocole d’accord avec la DGI, ouvrant la voie à un recouvrement forcé si nécessaire.
Mais au-delà de la mécanique de perception, c’est toute la relance de la RTNC qui est visée. Le ministre Patrick Muyaya veut coupler cette opération à un investissement ponctuel de l’État, destiné à moderniser les infrastructures de la chaîne, notamment dans les provinces. Certaines stations manquent encore de matériel ou de couverture technique suffisante. Ce soutien permettrait aussi le lancement de RTNC/Info, une chaîne entièrement consacrée à l’information continue. Les documents techniques afférents sont, selon le ministre, déjà finalisés.
En toile de fond, c’est une question de souveraineté médiatique qui se joue. La RTNC, longtemps marginalisée dans l’univers audiovisuel congolais, veut retrouver sa place. Pour cela, il faut lui garantir des ressources pérennes, mais aussi des contenus compétitifs et des moyens techniques à la hauteur. L’État semble désormais prêt à lui en donner les moyens.
— M. KOSI


