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RDC : l’inflation recule à 8,39 % en glissement annuel, le taux directeur reste à 25 %

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Le franc congolais tient bon. Au 28 juillet 2025, il s’échange autour de 2 865 CDF pour un dollar sur le marché officiel, confirmant une stabilité remarquée depuis le mois d’avril. Cette résistance de la monnaie nationale, en dépit d’un environnement économique global tendu, repose sur deux piliers : la discipline monétaire de la Banque Centrale du Congo (BCC) et les recettes solides tirées des exportations minières.

Le marché parallèle reste légèrement plus haut, avec un écart contenu autour de 2 870 à 2 880 CDF/USD. Rien d’alarmant, les écarts entre les deux marchés se sont resserrés, signe que les interventions ciblées de la BCC — notamment par injection de devises — portent leurs fruits.

Du côté de l’inflation, les chiffres sont parlants. Avec un glissement annuel ramené à 8,39 % contre 21,68 % un an plus tôt, la pression sur les prix a nettement diminué. Le taux hebdomadaire s’est établi à 0,11 % fin juillet, tandis que la hausse mensuelle tourne autour de 0,52 %, en recul par rapport à juin (0,60 %) et mai (0,64 %). Cette décélération progressive confirme que le cap budgétaire et monétaire reste ferme.

La BCC maintient un taux directeur de 25 %, accompagné d’une facilité de prêt fixée à 26 %. Des niveaux qui freinent naturellement la distribution de crédits, mais qui protègent l’économie contre une résurgence des tensions inflationnistes. Pour rappel, ce taux est en place depuis août 2023. Une posture assumée pour stabiliser les anticipations.

Les réserves internationales, elles, affichent 6,73 milliards de dollars début mai, soit l’équivalent de 13 mois d’importations. Un matelas confortable, mais exposé aux aléas du marché minier et aux risques politiques internes. L’équilibre reste fragile, en particulier dans un contexte où l’Est du pays reste instable et les dépenses militaires pèsent lourd sur le budget — plus de 14 % des dépenses urgentes y sont consacrées.

Un autre facteur de vulnérabilité concerne les prix mondiaux. Une flambée du pétrole ou du transport maritime pourrait aisément raviver les tensions inflationnistes en RDC, dont l’économie dépend encore largement des importations pour certains produits de première nécessité.

À cela s’ajoute un flou institutionnel : le gouvernement Suminwa II, encore attendu, retarde la mise en œuvre de plusieurs arbitrages budgétaires. L’attentisme actuel freine la cadence des réformes et pèse sur la visibilité économique.

Malgré tout, le bilan à mi-parcours reste encourageant. Le franc congolais n’a perdu que 0,32 % de sa valeur depuis janvier. L’inflation est sous contrôle. Les taux sont fermement ancrés. Mais cette stabilité a un coût : moins de crédit pour les entreprises, un appareil productif sous pression, et une population confrontée à une consommation toujours bridée.

Les prochains mois s’annoncent délicats. La BCC recommande déjà un recentrage des dépenses publiques vers les secteurs productifs, une réduction des importations superflues et un soutien actif à la production locale. La période de saison sèche pourrait affecter l’acheminement des biens alimentaires et, par ricochet, les prix à la consommation.

Le test sera donc double : maintenir les équilibres actuels sans casser la relance, tout en préparant le terrain à une croissance plus inclusive. À suivre avec attention : les chiffres du mois d’août permettront de mesurer si cette ligne de crête peut tenir.

M. KOSI

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