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Washington voulait Chemaf, Kinshasa a cédé : comment les États-Unis ont raflé une mine congolaise malgré les doutes de Tshisekedi

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Dernière mise à jour : mars 17, 2026 7:16 am
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il y a 3 mois
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Chemaf
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Ce n’est pas une simple transaction minière. Le rachat de Chemical of Africa par Virtus Minerals, approuvé par Kinshasa le 13 mars 2026, illustre comment la géopolitique des minerais critiques redessine les règles du jeu en RDC, parfois contre la volonté des autorités congolaises elles-mêmes.

Chemaf est née dans les années 2000 au cœur de la ceinture cuprifère du Katanga. Implantée à Kolwezi avec la mine de Mutoshi et à Lubumbashi avec le site d’Étoile, l’entreprise s’est progressivement imposée comme un producteur intégré de cuivre et de cobalt, adossé à des permis amodiés par la Gécamines. Au fil des années, elle a développé une capacité industrielle rare en RDC, couvrant l’extraction, le traitement et la production de cathodes. Ses projets d’extension sont aujourd’hui achevés à au moins 80 %, et un investissement résiduel de 300 millions de dollars suffirait à porter sa production annuelle à 75 000 tonnes de cathodes de cuivre et 25 000 tonnes d’hydroxyde de cobalt. Un actif quasiment clé en main, au moment précis où les États-Unis cherchent à sécuriser des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques hors de la sphère chinoise.

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Ce n’est pas une simple transaction minière. Le rachat de Chemical of Africa par Virtus Minerals, approuvé par Kinshasa le 13 mars 2026, illustre comment la géopolitique des minerais critiques redessine les règles du jeu en RDC, parfois contre la volonté des autorités congolaises elles-mêmes.Un montage financier fragile pour un actif endetté à un milliard de dollars

C’est précisément pour cette raison que Washington a misé sur Virtus Minerals. Ces derniers mois, des responsables du National Security Council et du département d’État ont exercé des pressions diplomatiques sur les autorités congolaises pour faire aboutir l’opération. Ces pressions ont eu raison des réserves de l’exécutif congolais. Selon Africa Intelligence, le président Tshisekedi lui-même avait exprimé des doutes sur la capacité de Virtus à reprendre un tel actif. Fondée par d’anciens militaires américains, la société n’a que peu d’expérience minière. En RDC, elle ne détiendrait qu’une petite usine métallurgique dans le Haut-Katanga.

Un montage financier fragile pour un actif endetté à un milliard de dollars

Le contrat de cession signé fin janvier entre Virtus et Zedra Skye Trustees, représentant près de 95 % des actionnaires de Chemaf, prévoit la reprise des dettes de la société, estimées à près d’un milliard de dollars, et un versement de 30 millions de dollars aux actionnaires. Virtus prévoit de confier l’exploitation à l’indienne Lloyds Metals and Energy, décrite comme peu expérimentée sur les projets cuivre-cobalt en Afrique. Pour financer l’opération, la société s’est tournée vers Orion Resource Partners, fonds new-yorkais gérant 8,6 milliards de dollars, mais aucun accord contraignant n’aurait été signé à ce jour.

Le sort des plus de 3 000 employés directs de Chemaf et de ses milliers de sous-traitants reste entier. Dans son courrier d’approbation adressé au PDG de Virtus, le ministre des Mines Louis Watum s’est contenté de rappeler l’obligation légale de réserver 10 % du capital à l’État congolais et 10 % aux privés congolais, sans aborder les questions sociales.

Ce dénouement ferme aussi la porte à Buenassa, entreprise congolaise qui visait Chemaf pour sécuriser ses approvisionnements en matières premières sur plus de vingt ans et construire une chaîne intégrée de l’extraction au raffinage. Une ambition alignée sur la politique gouvernementale de transformation locale, mais insuffisante face au poids diplomatique de Washington.

— Rédaction

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