La RDC annonce la transformation locale de ses minerais. À New York, lors de la 8ᵉ USAfrica Business Week, le ministre des Mines Louis Watum Kabamba a confirmé l’implantation d’usines de raffinage et de production de matériaux pour batteries. Position de force : 74 % de la production mondiale de cobalt en 2023 et un rang de deuxième producteur mondial de cuivre. La Banque mondiale évalue les ressources stratégiques du pays à plus de 24 000 milliards USD. Le gouvernement veut convertir cette base minière en recettes plus élevées, marges industrielles locales et entrées de devises plus régulières.
L’exécutif cible les minéraux critiques — cobalt, cuivre, lithium, tantale, coltan — au cœur des chaînes batteries et électroniques. Transformer sur place réduit l’écart de prix entre concentrés et produits raffinés, élargit l’assiette fiscale, stabilise la liquidité en devises par des ventes de produits semi-finis ou finis, et atténue l’exposition aux fluctuations des cotations internationales. Les effets d’entraînement attendus concernent l’emploi, les dépenses d’investissement en équipements de procédés, l’énergie et la logistique (accès portuaire, transport, normes de qualité cathodes/précurseurs). Le ministre a rappelé l’orientation : « favoriser l’implantation d’unités de raffinage et de production de matériaux pour batteries » afin d’alimenter la transition énergétique tout en captant davantage de valeur au pays.
Pourquoi transformer sur place maintenant ?
L’appétit des filières électriques et numériques soutient la demande en cobalt et cuivre. En traitant localement, la RDC améliore son terme de l’échange : moins d’exportations de minerai brut, plus d’exportations à plus forte valeur ajoutée. Cette bascule fluidifie la balance des paiements via des flux de change plus prévisibles, renforce la traçabilité exigée par les acheteurs et facilite la conformité environnementale et sociale, critères qui conditionnent l’accès aux marchés et la prime sur prix. Kinshasa invite les investisseurs américains à nouer des partenariats « gagnant-gagnant » autour de trois priorités : développement industriel, transformation locale, création d’emplois. Le cadre annoncé met en avant transparence, traçabilité des chaînes d’approvisionnement, respect de l’environnement et des droits des travailleurs, avec une valorisation équitable des ressources au bénéfice de la population et des partenaires.
En se positionnant sur le raffinage et les matériaux de batteries, la RDC vise un palier industriel qui sécurise les recettes, élargit la base fiscale et ancre l’activité dans la durée. L’objectif affiché : passer de fournisseur de minerais à fournisseur de composants clés pour l’économie verte et numérique.
— Peter MOYI



