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Ecobank Group : les revenus dépassent 2 milliards USD, mais les créances douteuses montent

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Dernière mise à jour : mai 28, 2026 7:44 am
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il y a 2 heures
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Ecobank Group a terminé l’exercice 2024 sur une progression de ses revenus et de ses bénéfices, malgré un environnement économique africain toujours marqué par l’inflation, les fluctuations des devises et le renforcement des exigences réglementaires dans plusieurs pays. Le groupe bancaire panafricain a enregistré un produit net bancaire de 2,09 milliards USD, contre 2,06 milliards USD en 2023. Son résultat avant impôt a progressé de 13 %, à 658 millions USD, tandis que le bénéfice net part du groupe a atteint 333 millions USD, contre 288 millions USD un an plus tôt.

Le rapport met surtout en avant l’amélioration de la rentabilité du groupe. Le rendement des capitaux propres tangibles est passé de 24,9 % à 32,7 %, alors que le rendement moyen des capitaux propres a progressé de 23,5 % à 31,2 %. Le rendement moyen de l’actif s’est établi à 1,8 %. Ces indicateurs montrent qu’Ecobank a réussi à générer davantage de profits avec ses ressources financières, dans un contexte où plusieurs banques africaines restent confrontées à la hausse du coût du financement et aux effets des dépréciations monétaires.

La croissance du groupe ne repose plus uniquement sur les activités de crédit traditionnelles. Les revenus hors intérêts ont atteint 913,7 millions USD, contre 895 millions USD en 2023. Les commissions nettes représentent désormais 25,1 % du chiffre d’affaires, contre 23 % une année auparavant. Cette évolution traduit le développement des services liés aux paiements, aux cartes bancaires, à la gestion de trésorerie, au commerce et aux opérations transactionnelles, un segment devenu stratégique pour plusieurs groupes bancaires africains cherchant à réduire leur dépendance aux revenus issus des prêts.

Au niveau du bilan, Ecobank conserve une base solide de dépôts. Les dépôts de la clientèle ont atteint 20,42 milliards USD, contre 19,97 milliards USD en 2023. Le total du bilan s’est établi à 27,96 milliards USD, tandis que les capitaux propres ont progressé à 1,79 milliard USD. En revanche, les crédits nets à la clientèle ont reculé à 9,91 milliards USD, contre 10,54 milliards USD un an plus tôt. Cette baisse reflète à la fois les effets des variations de change et une politique de crédit devenue plus prudente dans plusieurs marchés.

Le principal point de vigilance du rapport concerne la qualité du portefeuille de prêts. Le ratio des créances douteuses, qui mesure la part des crédits présentant des difficultés de remboursement, est passé de 5,4 % à 6,7 % en un an. Dans le même temps, le taux de couverture de ces créances a légèrement reculé, de 86,5 % à 85,5 %. Cette évolution montre que plusieurs entreprises et emprunteurs restent fragilisés par les tensions économiques, la hausse des coûts de financement et les difficultés de trésorerie observées dans certains pays africains.

Malgré cette pression sur le crédit, Ecobank améliore ses ratios réglementaires. Le ratio CET1 est passé de 10,4 % à 11,4 %, le ratio Tier 1 de 11,1 % à 12,1 %, tandis que le ratio global de solvabilité a progressé de 15 % à 15,8 %. Ces indicateurs permettent de mesurer la capacité d’une banque à absorber d’éventuelles pertes et à continuer de financer ses activités. Pour un groupe présent dans 35 pays africains, le renforcement des fonds propres reste un élément important dans un contexte de volatilité économique et monétaire.

Le rapport montre aussi une amélioration de l’efficacité opérationnelle du groupe. Le coefficient d’exploitation a légèrement baissé à 53 %, contre 53,9 % en 2023. Cela signifie qu’Ecobank a mieux maîtrisé ses coûts, alors que les banques africaines doivent investir davantage dans les plateformes numériques, les services mobiles et les infrastructures technologiques pour rester compétitives.

Au final, Ecobank clôture l’année 2024 avec une progression de ses bénéfices, une meilleure rentabilité et des fonds propres renforcés. Mais la hausse des créances douteuses rappelle que la pression sur la qualité du crédit reste l’un des principaux défis du secteur bancaire africain.

— M. MASAMUNA

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