Le Portugal veut accroître sa coopération avec la République démocratique du Congo dans les infrastructures ferroviaires et les projets liés au Corridor de Lobito, devenu l’un des axes logistiques les plus suivis en Afrique centrale et australe. Cette orientation a été évoquée lors d’échanges entre l’ambassadeur portugais en RDC, Mario Soares, et les autorités congolaises en charge des Transports. Lisbonne estime que le développement du réseau ferroviaire congolais peut améliorer la circulation des marchandises, réduire l’isolement de plusieurs provinces et soutenir les ambitions économiques de la RDC dans le secteur minier et logistique.
« Cette coopération dans le secteur ferroviaire pourrait contribuer à améliorer la connectivité et soutenir le désenclavement de certaines zones du pays », a déclaré Mario Soares. Le diplomate portugais a aussi indiqué que son pays souhaite examiner les projets déjà engagés autour du Corridor de Lobito afin d’identifier les secteurs dans lesquels les entreprises portugaises pourraient intervenir. « Nous voulons voir comment les entreprises portugaises peuvent contribuer à ce développement infrastructurel en République démocratique du Congo », a-t-il expliqué.
Le Corridor de Lobito devient un axe stratégique pour les minerais de la RDC
Le Corridor de Lobito relie les zones minières du sud-est de la RDC et de la Zambie au port angolais de Lobito, sur l’océan Atlantique. Ce projet doit faciliter les exportations de cuivre, de cobalt et d’autres minerais stratégiques vers les marchés internationaux. Pour la RDC, l’enjeu est aussi de réduire les coûts logistiques, diversifier les routes commerciales et limiter la dépendance à certains corridors historiques utilisés pour les exportations minières.
Le projet bénéficie déjà du soutien des États-Unis, de l’Union européenne et de plusieurs institutions financières internationales. L’intérêt du Portugal montre aussi que plusieurs pays européens cherchent désormais à renforcer leur présence dans les infrastructures africaines liées aux minerais utilisés dans les batteries, les véhicules électriques et les technologies de transition énergétique. Dans ce contexte, les infrastructures ferroviaires, portuaires et logistiques deviennent presque aussi stratégiques que les minerais eux-mêmes.
Mario Soares a mis en avant l’expérience du Portugal dans les infrastructures routières, portuaires et ferroviaires. Selon lui, cette expertise peut être valorisée dans les projets de modernisation des transports en RDC. Lisbonne souhaite notamment développer des partenariats dans les chemins de fer, les infrastructures portuaires ainsi que les services logistiques liés au Corridor de Lobito.
Pour la RDC, ce corridor représente aussi un levier pour attirer davantage d’investissements dans les infrastructures et renforcer l’intégration économique régionale. Premier producteur mondial de cobalt et acteur important du cuivre africain, le pays cherche à améliorer ses capacités logistiques afin de soutenir la croissance du secteur minier et répondre à la hausse de la demande mondiale en minerais stratégiques.
— Joldie KAKESA




