Le gouvernement congolais veut tourner la page d’un secteur des jeux d’argent longtemps marqué par l’insuffisance de contrôle et un cadre juridique dépassé. Réunis vendredi 29 mai au ministère des Finances, les opérateurs du secteur ont été appelés à accompagner une série de réformes destinées à renforcer la transparence, lutter contre les flux financiers illicites et améliorer la mobilisation des recettes publiques.
Cette rencontre, organisée sous la conduite de Dieudonné Ntumba, coordonnateur de la Cellule de surveillance des jeux d’argent, s’inscrit dans la stratégie portée par le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, visant à moderniser un secteur en pleine expansion mais confronté à de nombreux défis de gouvernance.
Au cœur de la réforme figure la mise en place prochaine d’une plateforme de régulation centralisée qui permettra aux autorités de suivre en temps réel les opérations réalisées par les opérateurs de jeux. Parmi les objectifs, il y a notamment: garantir une meilleure traçabilité des transactions financières et optimiser les recettes dues à l’État.
A en croire, le coordonnateur de la Cellule de surveillance des jeux d’argent, l’enjeu dépasse largement la seule organisation du marché des paris et des jeux de hasard. La réforme s’inscrit également dans les efforts engagés par la République démocratique du Congo pour renforcer son dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
« Le rôle de l’État n’est pas d’entraver les activités économiques, mais de les encadrer afin de garantir leur conformité et leur contribution au développement national », a déclaré Dieudonné Ntumba.
Par ailleurs, le coordonnateur de la Cellule de surveillance des jeux d’argent a rappelé que la présence de la RDC sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) continue d’affecter l’attractivité du pays auprès des investisseurs et la confiance des partenaires financiers internationaux.
Selon lui, l’assainissement du secteur des jeux constitue l’un des leviers pouvant contribuer à améliorer l’image du pays en matière de gouvernance financière.
Outre le déploiement d’outils numériques de contrôle, le gouvernement travaille également à une refonte du cadre légal régissant les jeux d’argent. Un projet de loi destiné à remplacer des dispositions héritées de l’époque coloniale est actuellement examiné au Parlement.
Le futur texte devrait renforcer les mécanismes de contrôle, protéger davantage les consommateurs et aligner la réglementation congolaise sur les standards internationaux.
Représentant le ministre des Finances, Didier Bobwa Wese, chargé du système d’information et du monitoring des opérations des jeux, a souligné la nécessité d’une implication active des opérateurs dans la mise en œuvre de ces réformes. Selon lui, la modernisation du secteur permettra non seulement de réduire les risques économiques et sociaux liés aux jeux d’argent, mais également de créer un environnement plus compétitif et plus attractif pour les investisseurs.
De leur côté, les opérateurs présents ont affiché leur adhésion à cette démarche. Ils estiment qu’un cadre réglementaire clair, moderne et équitable constitue une condition essentielle pour le développement durable du secteur.
Il y a lieu de signaler qu’à travers cette réforme, le gouvernement entend ainsi faire des jeux d’argent un secteur davantage contrôlé, plus transparent et plus rentable pour l’économie nationale, tout en consolidant la crédibilité financière de la RDC sur la scène internationale.
Eldad B.




