Le gouvernement congolais prévoit de mettre en service la première ligne de tramway de Kinshasa en décembre 2027. L’annonce a été faite par le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, lors d’un briefing consacré aux grands projets d’infrastructures et aux solutions envisagées pour améliorer la mobilité dans la capitale.
Avec une population estimée à plus de 18 millions d’habitants, Kinshasa fait face à une saturation croissante de son réseau routier. Chaque jour, les embouteillages ralentissent les déplacements des travailleurs, compliquent le transport des marchandises et augmentent les coûts supportés par les ménages comme par les entreprises. Pour les autorités, le développement d’un transport collectif capable d’absorber une partie importante des déplacements urbains est devenu une priorité.
Un projet destiné à accompagner la croissance de la capitale
La première phase du projet prévoit la construction d’une ligne reliant le centre-ville à l’aéroport international de N’djili. Cet axe figure parmi les plus fréquentés de Kinshasa et concentre une part importante du trafic quotidien. Le gouvernement estime que cette infrastructure permettra de fluidifier les déplacements et de réduire la pression exercée sur les routes.
Selon le ministère des Infrastructures, cette première ligne constitue le point de départ d’un réseau appelé à s’étendre progressivement vers d’autres quartiers stratégiques de l’agglomération. « Nous devons nous adapter. Nous devons penser et repenser la ville », a déclaré John Banza, rappelant que la croissance démographique de Kinshasa a largement dépassé le rythme de développement de ses infrastructures depuis plusieurs décennies.
Au-delà de la question du transport, les autorités mettent en avant les retombées économiques attendues du projet. Une réduction des temps de trajet pourrait améliorer la productivité des travailleurs, diminuer les dépenses liées au carburant et faciliter les activités logistiques des entreprises. Aujourd’hui, les embouteillages représentent un coût important pour l’économie kinoise à travers les heures de travail perdues, la surconsommation de carburant et les retards dans la circulation des biens.
Le gouvernement souligne également que les infrastructures ferroviaires urbaines contribuent souvent au développement économique des zones qu’elles desservent. Dans plusieurs grandes villes, l’arrivée de nouvelles lignes de transport a favorisé l’installation de commerces, d’activités de services et de projets immobiliers à proximité des stations.
Le tramway s’inscrit dans un programme plus large de modernisation des infrastructures de Kinshasa. Parmi les projets cités figurent les rocades nord et sud, la construction du viaduc de la Paix à Galiema, le viaduc central ainsi que la modernisation du boulevard Lumumba. À travers ces investissements, les autorités espèrent améliorer la mobilité urbaine et renforcer l’attractivité économique d’une capitale qui continue de s’étendre à un rythme soutenu.
Pour les spécialistes de l’aménagement urbain, la qualité des infrastructures de transport reste un facteur déterminant pour la compétitivité d’une ville. Dans une métropole où l’accès à l’emploi, aux marchés et aux services dépend fortement des conditions de déplacement, la réussite de ces projets pourrait avoir des effets durables sur l’activité économique de Kinshasa.
— Peter MOYI






