La République démocratique du Congo pourrait bientôt franchir une étape majeure dans la modernisation de son système financier. Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a défendu ce jeudi 11 juin 2026 devant le Sénat le projet de loi relatif aux marchés financiers et à la création de la future Bourse de Kinshasa.
Présentée comme l’une des réformes économiques les plus importantes de ces dernières décennies, cette initiative vise à doter le pays d’un marché financier moderne capable de mobiliser l’épargne nationale, d’attirer davantage d’investissements et d’offrir aux entreprises de nouvelles sources de financement à long terme.
Selon le gouvernement, cette réforme s’inscrit dans la vision du Président Félix Tshisekedi de moderniser l’économie congolaise et de renforcer les mécanismes de financement du secteur privé. Elle intervient dans un contexte où les entreprises congolaises dépendent encore largement du financement bancaire, souvent limité pour soutenir les besoins croissants d’investissement.
La future Bourse de Kinshasa devrait permettre aux entreprises publiques et privées de lever des capitaux directement auprès des investisseurs à travers l’émission d’actions ou d’obligations. Un tel mécanisme offrirait des alternatives de financement pour les secteurs stratégiques tels que les mines, l’énergie, les infrastructures, les télécommunications ou encore l’agriculture.
Pour les spécialistes de la finance, la création d’un marché boursier constitue également un outil de transparence et de gouvernance. Les sociétés cotées sont généralement soumises à des obligations plus strictes en matière de publication des résultats financiers, de gouvernance d’entreprise et de protection des investisseurs.
L’État pourrait lui aussi tirer profit de cette réforme. En plus de faciliter le financement des entreprises, le marché financier pourrait contribuer à renforcer la mobilisation de l’épargne intérieure et à développer davantage le marché des titres publics, devenu ces dernières années un instrument important de financement du Trésor.
Cette réforme intervient alors que plusieurs pays africains ont déjà développé leurs propres places boursières. La Côte d’Ivoire, le Kenya, le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Maroc ou encore l’Égypte disposent aujourd’hui de marchés financiers qui jouent un rôle croissant dans le financement de leurs économies.
Pour la RDC, l’enjeu dépasse la simple création d’une institution financière. Il s’agit de mettre en place un écosystème complet comprenant un régulateur des marchés financiers, des intermédiaires agréés, des mécanismes de protection des investisseurs et un cadre juridique adapté aux standards internationaux.
Si le texte est adopté, il ouvrira la voie à la création officielle de la Bourse de Kinshasa, un projet évoqué depuis plusieurs décennies mais jamais concrétisé. Plus de cinquante ans après les premières réflexions sur le développement d’un marché financier national, les autorités espèrent ainsi poser les bases d’un nouvel outil capable d’accompagner la transformation économique du pays.
Pour les investisseurs, les entreprises et les institutions financières, cette réforme pourrait marquer le début d’une nouvelle phase dans le développement du système financier congolais, avec l’ambition de mieux connecter l’épargne nationale aux besoins de financement de l’économie réelle.
Par M. KOSI :::
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