En mai 2026, les régies financières de la RDC ont mobilisé 2 077,7 milliards de CDF, sous la prévision de 2 341,5 milliards. Selon la Banque centrale du Congo, ce manque de recettes a contribué à un déficit de trésorerie de 1 644,1 milliards de CDF.
Les finances publiques congolaises ont terminé le mois de mai sous pression. Malgré l’échéance fiscale liée au premier acompte provisionnel de l’impôt sur les bénéfices et profits, les recettes attendues par l’État n’ont pas été entièrement encaissées.
D’après la note de conjoncture de la Banque centrale du Congo, les régies financières ont réalisé 88,7 % de leurs prévisions mensuelles. L’écart représente 263,8 milliards de CDF par rapport à l’objectif fixé à 2 341,5 milliards de CDF.
Dans le détail, la Direction générale des impôts a collecté 981,8 milliards de CDF sur une prévision de 1 040,7 milliards, soit un taux de réalisation de 94,3 %. La Direction générale des douanes et accises a presque atteint sa cible, avec 611 milliards de CDF mobilisés contre 613,5 milliards attendus, soit 99,6 %. La contre-performance la plus marquée vient de la DGRAD, qui a réuni 484,9 milliards de CDF sur 687,3 milliards prévus, soit 70,6 %.
Des dépenses publiques plus fortes que les recettes
Cette baisse de performance intervient dans un contexte où les dépenses de l’État sont restées élevées. En mai, elles ont atteint 3 721,8 milliards de CDF, un niveau largement supérieur aux recettes encaissées sur la même période.
Les frais financiers ont représenté 436,8 milliards de CDF. Ce poste pèse directement sur la trésorerie publique, car il correspond notamment au coût lié aux engagements financiers de l’État. Les salaires des agents et fonctionnaires ont absorbé 67,8 milliards de CDF.
Face au déficit de 1 644,1 milliards de CDF, soit environ 714 millions USD au taux de 2 300 CDF pour un dollar, l’État a eu recours en grande partie aux ressources issues des titres publics. Ces titres permettent au Trésor de lever de l’argent sur le marché intérieur, mais ils créent aussi des obligations de remboursement futures.
Sur les cinq premiers mois de l’année, la situation reste déficitaire. Au 29 mai 2026, les recettes cumulées se sont établies à 12 673,3 milliards de CDF, contre 14 234,7 milliards de CDF de dépenses. Le déficit cumulé atteint donc 1 561,4 milliards de CDF.
Pour juin 2026, le plan de trésorerie prévoit 1 970,1 milliards de CDF de recettes et 2 302,1 milliards de CDF de dépenses. Au 4 juin, les régies financières avaient déjà mobilisé 170,2 milliards de CDF, face à 159,1 milliards de CDF de décaissements.
— M. KOSI








