Le géant minier Rio Tinto poursuit la modernisation de son industrie de l’aluminium en fermant définitivement sa dernière salle de cuves précuites de l’usine d’Arvida, au Québec. L’investissement de 1,4 milliard USD dans une technologie moins polluante illustre l’accélération de la transition vers une métallurgie à faible émission de carbone, une évolution qui pourrait également redéfinir les standards des industries minières en RDC.
Rio Tinto a officiellement mis à l’arrêt la dernière salle de cuves précuites de son usine d’Arvida, située dans la région du Saguenay, au Québec. Cette fermeture marque la fin d’une technologie vieille de plusieurs décennies, progressivement abandonnée au profit d’équipements plus performants et moins émetteurs de gaz à effet de serre.
Les six anciennes salles de cuves précuites devaient initialement cesser leurs activités en 2014. Des prolongations accordées par le gouvernement du Québec avaient toutefois permis leur maintien pendant plusieurs années. Le processus de fermeture définitive a été engagé en avril 2024 avant de s’achever cette année.
Une technologie qui réduit de moitié les émissions de gaz à effet de serre
Les anciennes installations sont remplacées par 96 cuves AP60, une technologie développée par Rio Tinto pour améliorer les performances environnementales de la production d’aluminium.
Selon le groupe minier, ces nouvelles cuves permettent de réduire d’environ 50 % les émissions de gaz à effet de serre liées au procédé de production et jusqu’à 90 % les émissions de particules rejetées dans l’atmosphère.
La modernisation de l’usine représente un investissement total de 1,4 milliard USD, confirmant que la transition environnementale devient désormais un levier majeur de compétitivité dans l’industrie métallurgique mondiale.
L’usine d’Arvida, qui célèbre cette année son centenaire, demeure l’un des principaux sites industriels de Rio Tinto en Amérique du Nord et emploie environ 4 300 personnes.
Une transformation qui interpelle aussi l’industrie minière congolaise
Au-delà du Canada, cette décision reflète une évolution de fond dans l’industrie mondiale des métaux. Les grands groupes miniers investissent désormais massivement dans des procédés industriels moins énergivores et moins émetteurs de carbone afin de répondre aux nouvelles exigences des investisseurs, des marchés financiers et des grands consommateurs industriels.
Pour la République démocratique du Congo, premier producteur africain de cuivre et premier fournisseur mondial de cobalt, cette tendance est porteuse d’enseignements. Les minerais stratégiques congolais sont au cœur de la transition énergétique mondiale, mais leur compétitivité dépendra aussi de la capacité du pays à développer une énergie propre, des infrastructures modernes et des unités de transformation respectant les nouvelles normes environnementales.
À mesure que les industriels investissent dans des technologies bas carbone, les exigences en matière d’empreinte environnementale devraient s’étendre à l’ensemble de la chaîne de valeur minière. Pour la RDC, cela renforce l’importance des investissements dans l’électricité, les infrastructures et l’industrialisation locale afin de conserver un avantage compétitif sur les marchés internationaux.
— Peter MOYI









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