Le Gouvernement congolais veut accélérer le déploiement des infrastructures de base dans les territoires les moins desservis. Lors de la 92ᵉ réunion du Conseil des ministres, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a chargé le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, de lui présenter, dans un délai de 30 jours, une proposition intégrée destinée à améliorer l’accès à l’eau potable et à l’électricité dans les zones les plus enclavées de la République démocratique du Congo.
Cette initiative s’inscrit dans une logique d’équité territoriale, alors que de nombreuses localités restent privées de services essentiels malgré les investissements engagés ces dernières années. Le futur plan devra identifier les territoires prioritaires, définir les solutions techniques adaptées, établir un calendrier de mise en œuvre, préciser les besoins financiers et proposer les mécanismes de financement ainsi que les partenariats nécessaires à la réalisation des projets.
La Première ministre a demandé que ce travail soit élaboré en concertation avec plusieurs membres du Gouvernement, notamment les ministres en charge de l’Économie, du Développement rural, des Finances et du Budget, ainsi qu’avec les principaux opérateurs du secteur, dont la REGIDESO et l’Agence nationale de l’électrification et des services énergétiques en milieux rural et périurbain (ANSER). L’objectif est de disposer d’une feuille de route coordonnée, capable d’accélérer les investissements dans les territoires où les besoins demeurent les plus importants.
Au-delà de l’amélioration des conditions de vie, l’accès à l’eau potable et à l’électricité constitue un facteur déterminant pour le développement économique local. Sans énergie, les activités agricoles, artisanales et industrielles restent limitées, tandis que l’absence d’eau potable pèse sur la santé publique, la productivité et l’attractivité des territoires. Les infrastructures de base conditionnent également le développement des écoles, des centres de santé et des petites entreprises, qui constituent le tissu économique des zones rurales.
Le Gouvernement précise que cette nouvelle démarche ne remplacera pas les programmes déjà en cours. Elle devra au contraire renforcer leur coordination avec le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T) ainsi qu’avec les engagements pris par la RDC dans le cadre des Compacts de l’eau et de l’électricité, qui visent à accélérer les investissements dans ces deux secteurs stratégiques.
Cette décision intervient alors que les défis restent considérables. En RDC, le taux d’accès à l’électricité demeure proche de 22 %, tandis que la couverture en eau potable reste inférieure à 20 % selon les données les plus récentes. Pour réduire ces déficits, le pays devra mobiliser des financements importants, renforcer la coordination entre les différents programmes publics et accélérer la réalisation des infrastructures dans les territoires longtemps restés en marge du développement.
— M. KOSI









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