Le Gouvernement congolais prépare le lancement des travaux de réhabilitation de la route Kananga-Kamuesha, dans la province du Kasaï-Central. Financé par l’Union européenne à hauteur de 200 millions d’euros, ce projet porte sur un tronçon d’environ 150 kilomètres, appelé à améliorer la circulation des personnes et des marchandises dans le Grand Kasaï.
Au retour d’une mission d’inspection menée sur le terrain, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a présidé samedi à Kinshasa une réunion du Comité de pilotage consacrée à l’état d’avancement du projet. Cette rencontre visait à examiner les constats de la mission, à harmoniser les prochaines étapes et à préparer le démarrage effectif des travaux.
La route Kananga-Kamuesha occupe une place importante dans la connectivité du Grand Kasaï. Elle relie Kananga à une zone située près de la frontière angolaise et facilite les échanges entre le Kasaï-Central et le Kasaï. Sa réhabilitation devrait donc réduire les difficultés de déplacement, soutenir le commerce local et améliorer l’accès des populations aux services sociaux de base.
Une route attendue pour réduire les coûts de transport

Dans une région longtemps pénalisée par le mauvais état des routes, la modernisation de ce tronçon peut produire des effets directs sur l’économie locale. Lorsque les routes se dégradent, les transporteurs augmentent leurs prix, les commerçants répercutent les coûts et les producteurs agricoles peinent à évacuer leurs marchandises vers les marchés.
La réhabilitation de Kananga-Kamuesha vise justement à corriger cette chaîne de blocages. Le projet prévoit la modernisation complète de la chaussée, la réhabilitation des ouvrages de franchissement, l’amélioration des systèmes de drainage et la construction d’infrastructures connexes destinées à renforcer la durabilité de la route.
Ces travaux peuvent aussi faciliter l’évacuation des produits agricoles vers les principaux centres de consommation. Pour les ménages ruraux, l’enjeu est concret : vendre plus vite, limiter les pertes, accéder plus facilement aux marchés et réduire le temps de déplacement vers les services administratifs, sanitaires ou scolaires.
Le chantier devrait également générer plusieurs centaines d’emplois directs et indirects pendant la phase de construction. Ces emplois concerneront les travaux routiers, la logistique, les services d’appui, le transport, la fourniture de matériaux et certaines activités locales liées au chantier.
Le Comité de pilotage insiste sur les délais et les normes
Lors de la réunion tenue à Kinshasa, le Comité de pilotage a insisté sur le respect du calendrier d’exécution, des normes techniques et des exigences environnementales et sociales prévues dans le cadre du partenariat entre la RDC et l’Union européenne. Ce point sera déterminant pour éviter les retards, les surcoûts et les faiblesses de qualité qui compromettent souvent la durabilité des infrastructures.
Le financement européen de 200 millions d’euros donne au projet une base importante. Mais sa réussite dépendra aussi de la préparation technique, de la coordination entre les parties prenantes, du suivi du chantier et de la capacité à traiter rapidement les difficultés qui apparaîtront sur le terrain.
Pour le Gouvernement, la route Kananga-Kamuesha s’ajoute aux efforts de modernisation du réseau routier national. L’objectif est de mieux relier les provinces, d’améliorer la circulation des biens et des personnes, et de soutenir les économies locales par des infrastructures plus fiables.
Dans le Grand Kasaï, cette route sera jugée sur des résultats simples : le temps de trajet, le coût du transport, l’accès aux marchés, la qualité des ouvrages et la régularité de l’entretien après les travaux. C’est à ce niveau que les 200 millions d’euros devront produire un impact visible pour les populations.
— Peter MOYI









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