Après 11 ans d’existence, Makutano veut ouvrir une séquence plus orientée vers les minerais critiques et la transformation locale. Du 22 au 25 novembre 2026, Kinshasa accueillera Makutano Mining, une plateforme dédiée au secteur minier africain, avec une ambition claire : pousser le continent à ne plus se limiter à l’extraction des ressources.
Le message porté par l’événement tient en trois mots : Mine. Refine. Define. Extraire, transformer, définir. Cette formule résume l’enjeu économique posé aux pays africains riches en minerais : comment passer d’un rôle de fournisseurs de matières premières à celui d’acteurs capables de fixer une partie des règles, des prix, des standards et des chaînes de valeur ?
Depuis plus d’une décennie, Makutano s’est imposé comme un espace de dialogue entre décideurs publics, investisseurs, entrepreneurs, institutions et dirigeants économiques. L’édition 2026 veut aller plus loin en ciblant un sujet devenu déterminant pour l’Afrique : la maîtrise de la valeur minière, depuis la mine jusqu’au marché mondial.
Les minerais critiques changent le rapport de force
Le cuivre, le cobalt, le lithium, le manganèse, le graphite et d’autres minerais utilisés dans les batteries, l’énergie, l’industrie et les technologies de demain donnent à l’Afrique une position particulière. La demande mondiale augmente, portée par la transition énergétique, les véhicules électriques, les réseaux électriques, le stockage d’énergie et les besoins industriels.
Mais cette demande ne garantit pas automatiquement plus de richesse pour les pays producteurs. Le vrai sujet est ailleurs : la capacité à transformer localement, à financer les infrastructures, à structurer les compétences, à sécuriser l’énergie, à améliorer la logistique et à créer des partenariats industriels équilibrés.
C’est ce débat que Makutano Mining entend porter. La question n’est pas seulement de savoir combien de tonnes seront extraites. Elle est de savoir quelle part de la valeur restera sur le continent, combien d’emplois seront créés, quelles entreprises locales seront intégrées et quelles compétences seront développées autour des projets miniers.
Kinshasa comme espace de discussion économique africaine
Le choix de Kinshasa donne une portée particulière à cette rencontre. La RDC occupe déjà une place importante dans l’approvisionnement mondial en cuivre et en cobalt. Elle cherche désormais à faire évoluer son modèle minier vers plus de transformation, de contenu local et de participation nationale dans les chaînes industrielles.
Makutano Mining se présente donc comme un lieu de discussion entre ceux qui financent, ceux qui exploitent, ceux qui régulent et ceux qui construisent les futures chaînes de valeur. Les chefs d’État, investisseurs, entrepreneurs et institutions y sont attendus pour traiter des sujets qui pèseront sur les dix prochaines années : transformation locale, financement des projets, infrastructures, énergie, normes, traçabilité et intégration des entreprises africaines.
L’enjeu dépasse la RDC. Il concerne l’Afrique entière. Le continent détient une partie des ressources nécessaires aux technologies futures. Mais pour transformer cet avantage naturel en puissance économique, il devra négocier autrement, produire davantage sur place et former les compétences capables de porter cette industrie.
Makutano Mining 2026 veut donc poser une question directe aux dirigeants et aux investisseurs : l’Afrique va-t-elle seulement fournir les minerais du monde, ou va-t-elle aussi participer à la définition des chaînes de valeur qui en dépendent ? C’est sur cette réponse que se jouera une partie de sa place dans l’économie industrielle des prochaines décennies.
— M. KOSI









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