Le gouvernement a ouvert, le 16 juillet 2026, des concertations sur la reconstruction et la modernisation de l’aéroport de Ndolo à Kinshasa. Aucun budget, calendrier d’exécution, plan technique ou mode de financement n’a toutefois été communiqué à l’issue de la réunion.
Le vice-Premier ministre chargé des Transports, Jean-Pierre Bemba, a réuni la ministre des Affaires foncières, O’Neige N’Sele, ainsi que des représentants de la ville de Kinshasa, de l’Office national des transports, de la Régie des voies aériennes et de l’Autorité de l’aviation civile. Le commandement de la base aérienne de Ndolo a également participé aux échanges consacrés aux aspects fonciers, aux exigences techniques et à la coordination institutionnelle du projet.
La rencontre constitue une phase préparatoire. Elle ne correspond ni au lancement des travaux ni à l’approbation d’un marché de construction. Les informations publiées ne précisent pas encore la configuration de la future aérogare, les équipements de navigation prévus, la capacité annuelle de passagers, le nombre de postes de stationnement ou les entreprises susceptibles d’exécuter le chantier.
Une modernisation déjà engagée en 2022
Le projet annoncé en juillet 2026 s’inscrit dans un processus plus ancien. En 2022, le gouvernement avait inauguré la réhabilitation de la piste de Ndolo, longue d’environ 1 600 mètres, après la pose d’une nouvelle couche de bitume. La Présidence avait également annoncé le début de la modernisation de l’aérogare, avec l’objectif de permettre à l’aéroport d’accueillir davantage d’aéronefs de faible tonnage et de contribuer au désengorgement de l’aéroport international de N’Djili.
Quatre ans plus tard, la nouvelle réunion consacrée à la reconstruction soulève la question de l’état d’exécution des travaux annoncés en 2022. Le ministère des Transports n’a pas présenté de bilan indiquant les infrastructures déjà achevées, les investissements réalisés ou les difficultés ayant conduit à relancer les concertations.
Cette clarification est nécessaire pour distinguer les éléments à réhabiliter de ceux qui doivent être entièrement reconstruits. Elle permettra également de déterminer si le nouveau projet prolonge le programme précédent ou s’il repose sur une conception différente.
Situé dans la commune de Barumbu, l’aéroport de Ndolo occupe une position particulière dans le réseau de Kinshasa. Il accueille principalement de petits appareils et partage son espace avec une base aérienne militaire. Cette configuration impose une coordination entre les autorités civiles, militaires, foncières et urbaines, notamment pour sécuriser les emprises et organiser les activités autour de la plateforme.
Le coût et la fonction économique restent à définir
La modernisation de Ndolo pourrait offrir une solution complémentaire pour les vols domestiques, les déplacements d’affaires, l’aviation légère et certaines opérations de fret. Sa contribution réelle dépendra cependant de la capacité autorisée de la piste, des normes de sécurité appliquées, de la disponibilité des équipements et de la stratégie retenue pour répartir le trafic entre Ndolo et N’Djili.
Le gouvernement devra également préciser le modèle financier du projet. Aucun montant n’est annoncé et les documents disponibles ne permettent pas de savoir si les travaux seront financés par le budget de l’État, les recettes de la RVA, un partenaire privé ou un mécanisme associant plusieurs sources. Le régime de propriété des terrains, la participation éventuelle de l’ONATRA et les responsabilités de chaque institution restent aussi à établir.
La prochaine information déterminante sera la publication d’un dossier technique comprenant le coût estimatif, le calendrier, le plan de financement et la capacité attendue de l’aéroport après les travaux. Sans ces éléments, la réunion du 16 juillet demeure une concertation institutionnelle et non le démarrage effectif de la reconstruction.
— M. KOSI








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