L’Autorité de régulation du secteur de l’électricité a examiné 45 dossiers énergétiques au cours des cent premiers jours de sa nouvelle équipe dirigeante, pour un portefeuille évalué à 2,30 milliards USD et une capacité additionnelle projetée de 2 684,838 mégawatts. Ces chiffres ont été présentés le 29 juillet 2026 à Kinshasa par la directrice générale Soraya Aziz Moto.
Sur les 45 projets instruits, 30 portent sur la production ou l’importation d’électricité. Les 15 autres concernent la commercialisation de l’énergie et l’accès aux réseaux. L’institution a par ailleurs délivré 17 certifications, traité 12 dossiers tarifaires, émis 18 avis favorables en vue de l’obtention de titres énergétiques et inspecté 16 ouvrages électriques.
Le rythme d’instruction marque une accélération notable. Les 12 dossiers tarifaires traités en cent jours représentent trois fois le nombre de dossiers examinés durant toute l’année 2025. L’ARE attribue cette performance à la révision de ses procédures, à la numérisation du traitement des demandes et à la réorganisation de ses services. En comparaison, la moyenne annuelle des investissements traités au cours des exercices précédents est estimée à environ 300 millions USD. Le portefeuille actuel représente près de huit fois cette référence.
Des projets en circuit réglementaire, pas encore des capacités disponibles
Ces chiffres appellent une distinction importante. Les 2,30 milliards USD correspondent à la valeur des projets engagés dans le circuit réglementaire, pas à des capitaux déjà décaissés ou investis dans la construction de centrales. Les 2 684,838 MW représentent la capacité cumulée envisagée dans les dossiers soumis, pas une puissance déjà disponible pour les entreprises ou les ménages.
Chaque projet devra encore finaliser son financement, obtenir toutes les autorisations nécessaires, réaliser les travaux, installer les équipements et être raccordé aux réseaux avant de produire de l’électricité utilisable. Une partie du portefeuille concerne par ailleurs des projets d’importation, ce qui signifie que la puissance annoncée ne proviendra pas exclusivement de nouvelles centrales construites sur le territoire congolais.
Selon la directrice générale, plusieurs projets sont orientés vers les zones industrielles, répondant aux besoins des entreprises minières, manufacturières et de transformation. Cette priorité ne se traduira pas automatiquement par une amélioration de la desserte résidentielle. À Kinshasa comme dans plusieurs autres villes, les ménages restent confrontés aux délestages et aux limites des réseaux de transport et de distribution.
Les prochains indicateurs à surveiller seront le nombre de projets ayant atteint la clôture financière, les montants effectivement décaissés et la puissance réellement entrée en exploitation. Ces données permettront de mesurer si l’accélération réglementaire se traduit en électricité concrètement disponible pour les Congolais.
— M. KOSI









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