Barrick Mining Corporation a confié à Sebastiaan Bock la direction de ses activités hors Amérique du Nord, un portefeuille qui comprend notamment Kibali en RDC. Au premier semestre 2026, les ventes attribuables à la participation de 45 % de Barrick dans cette mine ont atteint 654 millions USD.
Sebastiaan Bock a été nommé le 11 août 2026 Chief Executive Officer, Rest of World, avec effet immédiat. Il dirigera les opérations et projets aurifères et cuprifères de Barrick en Afrique, au Moyen-Orient, en Amérique latine et en Asie-Pacifique, sous l’autorité du président-directeur général Mark Hill. Barrick indique que cet ensemble produit plus de 2 millions d’onces équivalent or par an et prévoit une croissance de plus de 20 % au cours des trois prochaines années. Cette dernière donnée reste un objectif du groupe et non un résultat acquis.
Le choix de Bock intervient après un parcours partagé entre finance et opérations. Entré chez Barrick en janvier 2019 comme directeur financier pour l’Afrique et le Moyen-Orient, il avait été promu directeur des opérations de la région en juillet 2022. Le groupe lui attribue notamment un rôle dans l’expansion de Lumwana en Zambie, le règlement de son différend au Mali, l’amélioration des performances opérationnelles de Kibali ainsi que l’augmentation des réserves à Loulo-Gounkoto et Bulyanhulu.
Kibali fournit une base économique mesurable en RDC
En République démocratique du Congo, Kibali constitue l’un des actifs directement concernés par cette nouvelle organisation. La mine, située dans le nord-est du pays, appartient à Barrick et AngloGold Ashanti à hauteur de 45 % chacun, tandis que la Société minière de Kilo-Moto détient les 10 % restants. Barrick en assure l’exploitation.
Les résultats publiés le 10 août permettent de mesurer plus précisément son poids dans les comptes du groupe. Les ventes attribuables à la participation de Barrick dans Kibali se sont élevées à 313 millions USD au deuxième trimestre 2026, contre 226 millions USD un an auparavant. Elles atteignent 654 millions USD sur les six premiers mois de 2026, contre 417 millions USD au premier semestre 2025. Cela représente une progression d’environ 57 %, selon un calcul de Lepoint.cd effectué à partir des données de Barrick.
La comparaison doit toutefois être lue dans un environnement de prix de l’or particulièrement favorable. Barrick a réalisé au niveau du groupe un prix moyen de vente de 4 417 USD l’once au deuxième trimestre 2026, contre 3 295 USD un an plus tôt. La progression des ventes associées à Kibali ne traduit donc pas uniquement l’évolution de la production minière.
Cette dimension financière donne une portée concrète à la nomination de Bock pour la RDC. Son mandat ne se limite pas à maintenir les performances des mines existantes. Barrick veut également développer son portefeuille hors Amérique du Nord et mise notamment sur des partenariats avec des groupes chinois pour le co-investissement, les équipements, les technologies minières et certaines infrastructures. Pour Kinshasa, l’intérêt de cette stratégie dépendra surtout des investissements effectivement réalisés dans le pays et de la valeur conservée localement.
Plus de 3 milliards USD versés aux fournisseurs et partenaires locaux
Kibali fournit déjà plusieurs indicateurs permettant d’évaluer cette valeur locale. En juillet 2025, Barrick déclarait que les investissements réalisés en RDC autour de Kibali avaient dépassé 6,3 milliards USD, dont 3,1 milliards USD versés aux entrepreneurs et partenaires locaux. Le groupe indiquait également travailler avec plus de 700 entreprises congolaises dans ses programmes d’approvisionnement et de renforcement des capacités.
Sur l’énergie, la mise en service d’une centrale solaire de 16 MW associée à un système de stockage par batteries a porté la part des renouvelables à 85 % dans l’alimentation de Kibali. Selon Barrick, le site peut fonctionner exclusivement avec des énergies renouvelables pendant six mois de l’année. La société rapportait également en juillet 2025 que 41 des 44 projets financés par le fonds de développement communautaire de 0,3 % étaient achevés et que 170 employés de Kibali avaient suivi des formations de la Barrick Academy au deuxième trimestre.
Sur le terrain, Cyrille Mutombo continue d’être présenté en 2026 comme Country Manager de Barrick et de Kibali en RDC, fonction qu’il occupe depuis novembre 2014. Son rôle place la représentation locale du groupe au contact des autorités, des entreprises congolaises et des autres parties prenantes, tandis que Bock disposera désormais d’un périmètre beaucoup plus large couvrant plusieurs continents.
La nomination du nouveau responsable ne constitue donc pas, à elle seule, une nouvelle performance pour Kibali. Les indicateurs à suivre seront l’évolution de la production et des ventes, le remplacement des réserves, les achats auprès des entreprises congolaises, les investissements supplémentaires et l’exécution des engagements communautaires. Ce sont ces résultats qui permettront de mesurer la valeur économique laissée en RDC sous la nouvelle organisation de Barrick.
— J. KAKESA









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