Le cuivre a reculé de 0,4 % à 14 071 USD la tonne le 13 août à Londres, après une baisse de 0,2 % la veille. Le raffermissement du dollar et les craintes sur la croissance mondiale reprennent le dessus, alors que l’offre de métal reste tendue et que la RDC vient de renforcer ses restrictions sur les exportations de concentrés.
Le cuivre a perdu du terrain sur le London Metal Exchange à la mi-journée du 13 août, revenant à 14 071 USD la tonne. Selon Argus des Métaux, la hausse du dollar après la publication des chiffres de l’inflation américaine a pesé sur les achats, tandis que les investisseurs continuaient d’évaluer les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur l’activité économique mondiale. Le mouvement prolonge le recul de 0,2 % enregistré lors de la séance précédente.
La pression du dollar intervient alors que l’inflation américaine a progressé de 3,4 % sur douze mois en juillet, contre 3,5 % en juin. Sur un mois, l’indice des prix à la consommation n’a augmenté que de 0,1 %, selon le Bureau américain des statistiques du travail. Le dollar s’est néanmoins légèrement raffermi le 13 août, l’indice qui mesure sa valeur face à plusieurs grandes devises évoluant autour de 100 points. Un dollar plus fort tend à renchérir les matières premières libellées dans cette monnaie pour les acheteurs utilisant d’autres devises.
La tension sur l’offre maintient le cuivre au-dessus de 14 000 USD
Ce recul intervient après une forte poussée des cours. La semaine précédente, le cuivre à trois mois avait atteint 14 369,50 USD la tonne sur le LME, son plus haut niveau depuis six mois. Le prix au comptant avait même touché un record de 14 453,60 USD. Le marché avait réagi à l’annonce de nouvelles restrictions de la RDC sur les exportations de concentrés de cuivre et de cobalt, dans un contexte où les disponibilités physiques étaient déjà sous tension.
La mesure congolaise, contenue dans un arrêté signé le 29 juin 2026, interdit l’exportation de concentrés de cuivre et de cobalt tout en prévoyant la possibilité de dérogations d’une année dans certains cas stratégiques. Kinshasa cherche ainsi à accroître la transformation locale de ses ressources minières. Reuters relève toutefois que l’effet direct sur l’équilibre mondial du cuivre pourrait rester limité, une grande partie de la production congolaise étant déjà transformée en métal avant exportation.
Pour la RDC, la résistance du cuivre au-dessus de 14 000 USD reste favorable à la valeur potentielle des exportations, mais les recettes effectivement tirées du secteur dépendent aussi des volumes produits, des coûts, des conditions commerciales et de la fiscalité. Le pays avait exporté 823 887 tonnes de cuivre au premier trimestre 2026, soit 4,8 % de plus qu’un an auparavant, selon des données officielles citées par Reuters.
La configuration actuelle oppose donc deux forces. D’un côté, les stocks disponibles et les contraintes d’offre soutiennent le métal. De l’autre, le dollar, les perspectives de croissance mondiale et les tensions géopolitiques limitent les achats. La capacité du cuivre à rester durablement au-dessus de 14 000 USD dépendra désormais de l’évolution de ces facteurs et de la réaction du marché aux prochaines données économiques américaines.
— M. KOSI









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