Kamoa Copper prévoit 16,855 millions USD d’investissements communautaires dans le territoire de Mutshatsha, au Lualaba, sur la période 2026-2030. Le nouveau cahier des charges couvre notamment la santé, l’éducation, l’accès à l’eau, l’agriculture et l’information communautaire.
Kamoa Copper a conclu avec les communautés concernées de Mutshatsha un nouveau cahier des charges couvrant les cinq prochaines années. Le document a été signé en présence de représentants du ministère provincial des Mines, de l’administration territoriale, des autorités coutumières, des communautés et de la direction de l’entreprise. L’enveloppe annoncée atteint précisément 16 855 000 USD. Elle doit financer un ensemble d’infrastructures et de programmes retenus après plusieurs mois de discussions avec les populations locales.
Contrairement à une opération philanthropique facultative, le cahier des charges constitue une obligation prévue par le Code minier congolais. L’article 285 sexies impose aux titulaires de droits miniers d’exploitation de contribuer à la réalisation de projets de développement socio-économique et industriel au bénéfice des communautés affectées par leurs activités. L’article 285 septies précise que ces engagements doivent être organisés dans un cahier des charges approuvé selon les procédures prévues par la réglementation minière.
Santé, écoles, eau et agriculture concentrent les engagements
Dans le secteur sanitaire, Kamoa Copper prévoit la réalisation d’un hôpital général de référence et d’un centre de santé. Le volet éducatif comprend six établissements scolaires ainsi qu’un programme de bourses destiné notamment aux élèves les plus vulnérables. Des systèmes d’adduction d’eau potable figurent également parmi les investissements retenus.
Le programme comporte aussi une dimension productive. Une minoterie semi-industrielle et un dépôt frigorifique doivent permettre aux producteurs agricoles de transformer une partie de leurs récoltes et d’améliorer leur conservation. Des formations, des intrants agricoles et le développement de vergers sont également annoncés. Une radio-télévision communautaire complète le dispositif avec un objectif d’accès local à l’information et d’expression des communautés.
Ces engagements sont présentés dans le document de Kamoa Copper comme cinq axes prioritaires, mais ils regroupent en pratique plusieurs infrastructures et programmes distincts. L’exécution de l’enveloppe de 16,855 millions USD devra donc être appréciée projet par projet durant la période 2026-2030, en fonction des ouvrages effectivement construits, des équipements installés et des services rendus aux communautés.
Le cahier des charges ne doit par ailleurs pas être confondu avec la dotation minimale de 0,3 % du chiffre d’affaires également prévue par le Code minier. Cette dotation constitue un mécanisme distinct destiné au financement des projets de développement communautaire et géré par un organisme spécialisé associant notamment les représentants de l’entreprise et des communautés.
Kamoa Copper avait par exemple versé 2,493 millions USD à DOT KAMOA au titre de 0,3 % de son chiffre d’affaires 2021. L’entreprise avait ensuite effectué d’autres versements au titre des exercices suivants. Ces ressources s’ajoutent aux obligations inscrites dans les cahiers des charges et permettent de distinguer les différents canaux par lesquels la législation minière organise la contribution des sociétés au développement local.
L’exécution jusqu’en 2030 devient le principal indicateur
Le nouveau programme prolonge plusieurs actions communautaires déjà menées autour du complexe minier. Le document transmis à Lepoint.cd indique que le programme « Sustainable Livelihoods » accompagne depuis 2017 des familles affectées économiquement par les activités minières. Plus de 700 places de formation auraient également été proposées dans l’agriculture et le textile, dont près de 280 consacrées à l’alphabétisation des adultes. Ces chiffres proviennent de Kamoa Copper.
Le poids industriel de l’entreprise donne une dimension particulière à ces engagements locaux. Kamoa-Kakula figure parmi les plus grandes opérations cuprifères du continent. Sa fonderie dispose d’une capacité nominale de 500 000 tonnes de cuivre par an, et les premières anodes de cuivre ont été produites le 29 décembre 2025.
Pour les communautés de Mutshatsha, le principal indicateur sera toutefois moins la taille du complexe minier que l’exécution effective des engagements de 16,855 millions USD. Kamoa Copper indique que le suivi du cahier des charges sera assuré conjointement par l’entreprise, les représentants des communautés et les autorités pendant toute la période 2026-2030. C’est ce suivi qui permettra de mesurer la transformation des engagements financiers en écoles, structures sanitaires, accès à l’eau et capacités économiques réellement disponibles sur le terrain.
— J. KAKESA









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