Le Vice-Premier ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a engagé avec l’INERA des discussions sur la redynamisation de ses stations de recherche au Sankuru. Le dossier fait suite à sa mission de juin à Mukumari, un domaine de 2 445 hectares dont près de 1 000 hectares de plantations d’hévéa sont encore considérés comme exploitables.
Le Gouvernement veut faire de la recherche agronomique l’un des instruments de relance de la production dans le Sankuru. Daniel Mukoko Samba a échangé avec une délégation de l’Institut national pour l’étude et la recherche agronomiques sur les solutions susceptibles de renforcer les capacités des stations de recherche de cette province, après les constats effectués lors de sa récente mission économique.
La rencontre a porté sur la recherche agronomique, l’accès à des semences adaptées et l’accompagnement technique des producteurs. L’INERA a présenté de premières pistes de travail destinées à répondre aux contraintes observées sur le terrain. À ce stade, l’orientation affichée consiste donc à remettre les capacités scientifiques et techniques de l’Institut au service des bassins agricoles plutôt qu’à considérer la relance de la production sous le seul angle de l’extension des superficies cultivées.
Le dossier concerne notamment Mukumari, dans le territoire de Lomela, où Daniel Mukoko Samba s’était rendu en juin. La station couvre 2 445 hectares, dont près de 1 000 hectares d’anciennes plantations d’hévéa encore exploitables, selon son responsable Adam Oshongo. Elle était autrefois considérée comme l’un des pôles agricoles de l’espace Kasaï.
Mukumari dispose du foncier, mais l’enclavement limite sa portée
Le potentiel agronomique ne constitue toutefois qu’une partie de l’équation. Lors de la visite ministérielle, le responsable de Mukumari avait identifié deux contraintes immédiates, le manque d’engins agricoles et les difficultés d’évacuation et de commercialisation des productions. Il avait notamment plaidé pour la mise à disposition d’un tracteur avec remorque afin de permettre à la station de distribuer ses semences dans d’autres territoires.
Le Sankuru dispose de conditions permettant notamment la production de maïs, de riz et d’arachide. À Mukumari, les responsables de l’INERA avancent une pluviométrie d’environ 2 400 millimètres par an. Mais la capacité à transformer ce potentiel en volumes commercialisés reste limitée par les infrastructures. Lors de sa mission, le déplacement entre Lodja et Lomela, distants d’environ 150 kilomètres, avait nécessité près de sept heures de route, illustration des difficultés logistiques qui affectent également les producteurs.
Cette contrainte donne une portée économique plus large aux discussions engagées avec l’INERA. Produire de meilleures semences peut augmenter les rendements et sécuriser les cultures, mais la hausse de la production ne crée durablement des revenus que si les exploitants peuvent transporter leurs récoltes, accéder aux acheteurs et conserver une partie suffisante de leur valeur.
La relance d’une station comme Mukumari pourrait ainsi intervenir sur plusieurs maillons. L’INERA peut produire et sélectionner des semences, tester des variétés adaptées aux conditions locales, accompagner les producteurs et contribuer à la remise en exploitation de certaines cultures. Les infrastructures de transport et les circuits commerciaux doivent parallèlement permettre aux volumes supplémentaires de rejoindre les marchés.
La nouvelle rencontre ouvre donc une séquence plus opérationnelle après la mission de terrain de juin. Les prochaines décisions permettront de mesurer sa portée à travers les équipements effectivement affectés aux stations, les programmes de multiplication de semences, les superficies remises en production et les dispositifs retenus pour acheminer les récoltes vers les principaux marchés.
Pour le Sankuru, c’est cette articulation entre recherche, semences, production et désenclavement qui déterminera si la remise en activité de l’INERA peut réellement se traduire par une hausse durable de la production agricole et des revenus des producteurs.
— Peter MOYI









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