Le ministère de l’Économie numérique et Equity BCDC ont signé un protocole d’accord destiné à rapprocher les services publics numériques du système bancaire. L’une des pistes prévoit l’intégration du RDC-PASS dans certains parcours clients de la banque, avec des travaux portant également sur l’intelligence artificielle, les paiements numériques et l’inclusion financière.
Le rapprochement engagé en avril entre Equity Group et le Gouvernement congolais débouche sur un cadre formel de coopération. Le ministère de l’Économie numérique, conduit par Augustin Kibassa Maliba, et Equity BCDC ont officialisé un protocole d’accord autour de plusieurs composantes de la transformation numérique en République démocratique du Congo.
Le partenariat doit notamment explorer l’utilisation du RDC-PASS dans certains parcours bancaires, sous réserve du respect des règles applicables à l’identification des clients, à la protection des données et aux opérations financières. L’objectif affiché est de créer davantage d’interopérabilité entre l’identité numérique développée par l’État et les services proposés par le secteur financier privé.
Cette orientation intervient deux mois après le lancement officiel du RDC-PASS, le 13 juin 2026. La Présidence le définit comme un identifiant numérique personnel unique, sécurisé et gratuit, destiné à faciliter l’accès aux services publics ainsi qu’à certains services financiers et sociaux. Le dispositif ne constitue toutefois pas une carte d’identité nationale et ne remplace pas les documents légaux d’identification.
Du rapprochement d’avril à un protocole formel
La coopération n’est pas née au moment de la signature. Le 16 avril, lors d’une mission à Washington, Augustin Kibassa Maliba avait rencontré une délégation d’Equity Group Holdings conduite par son directeur général James Mwangi, avec notamment Willy Mulamba, directeur général d’Equity BCDC. Les discussions portaient déjà sur la digitalisation des services, l’inclusion financière et la possibilité de combiner technologie, financement et accès aux équipements numériques.
Equity BCDC avait alors évoqué la possibilité de soutenir l’accès aux smartphones, à Internet, aux comptes bancaires et aux services publics numériques à travers des solutions de financement adaptées. Le protocole signé quelques mois plus tard donne donc un cadre de travail à des discussions déjà engagées.
Le ministère place également l’intelligence artificielle parmi les domaines de coopération envisagés. Selon les informations communiquées à l’occasion de la signature, les deux parties veulent examiner comment ces technologies peuvent améliorer les processus, les services financiers et l’expérience des utilisateurs, tout en maintenant des exigences de souveraineté numérique et de protection des données.
Pour Equity BCDC, le projet s’inscrit dans une stratégie bancaire déjà largement orientée vers les services à distance. La banque exploite notamment EquityBCDC Online, qui permet d’effectuer des virements locaux et internationaux, des transferts vers les portefeuilles mobiles, des paiements et plusieurs opérations bancaires depuis une application ou une interface web.
Le RDC-PASS devra prouver son utilité dans les transactions réelles
L’intérêt économique de l’accord dépendra surtout de la manière dont le RDC-PASS pourra être utilisé concrètement. Une identité numérique interopérable peut, par exemple, réduire certaines répétitions administratives lors de l’ouverture ou de la gestion d’un service, améliorer la vérification des informations et faciliter l’accès à des services financiers numériques.
Cette ambition correspond à l’orientation retenue lors du lancement du RDC-PASS. Le Président Félix Tshisekedi avait demandé au Gouvernement de développer l’interopérabilité entre les administrations afin d’éviter la multiplication de plateformes isolées. Le système doit progressivement servir de point d’accès à différents services publics numériques.
Le protocole avec Equity BCDC ajoute désormais le secteur bancaire à cette logique. Il ne constitue cependant pas encore le déploiement d’un service bancaire fondé sur le RDC-PASS. Les modalités techniques, les services concernés et les conditions d’utilisation devront être définis dans la phase de mise en œuvre.
Le partenariat intervient également dans un environnement réglementaire qui se structure. En mars 2026, le ministère de l’Économie numérique a notamment adopté de nouvelles modalités d’autorisation pour plusieurs activités et services numériques, parmi lesquels les services de confiance, l’hébergement, le cloud et les fintechs, dans le prolongement du Code du numérique promulgué en 2023.
Pour le Gouvernement, le principal indicateur sera désormais la conversion du protocole en services utilisables par les citoyens. L’intégration effective du RDC-PASS dans les parcours bancaires d’Equity BCDC permettra de mesurer si l’identité numérique nationale peut réduire les démarches, sécuriser les échanges et élargir l’accès aux services financiers au-delà de sa fonction actuelle d’identifiant public.
— J. KAKESA









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