Enabel et Silikin Village ont officiellement lancé BOFULUKI le 14 août 2026 à Kinshasa. Le programme doit accompagner 80 micro, petites et moyennes entreprises sur 18 mois, réparties en trois cohortes, afin de renforcer leur gestion, leur accès aux marchés et leur préparation au financement.
Le programme BOFULUKI entre dans sa phase d’accompagnement après plusieurs semaines de sélection. Pour la première cohorte, 30 MPME ont été retenues parmi 254 candidatures, selon les données communiquées lors du lancement. Les entreprises sélectionnées seront accompagnées pendant six mois avant de céder la place aux cohortes suivantes. Au total, le dispositif prévoit de travailler avec 80 entreprises sur une période de 18 mois.
Mis en œuvre par Silikin Village avec l’appui technique et financier de l’Agence belge de coopération internationale, Enabel, BOFULUKI cible des entreprises déjà en activité plutôt que des projets encore au stade de l’idée. Les critères publiés exigent notamment que l’entrepreneur soit âgé de 18 à 45 ans, réside à Kinshasa, exerce depuis au moins un an, génère déjà des revenus et dispose d’une entreprise formalisée ou en cours de formalisation.
Quatre secteurs ciblés et un accompagnement orienté vers le financement
Les entreprises retenues évoluent principalement dans l’agro-transformation, l’économie verte, la logistique et la transformation du bois. Ces filières ont été choisies pour leur capacité à développer davantage de transformation locale et de chaînes de valeur en RDC.
Durant leur parcours, les MPME doivent bénéficier de formations pratiques, de mentorat, d’un accompagnement individualisé et d’une mise en relation avec des acteurs de l’écosystème entrepreneurial. Le programme prévoit également de travailler sur le modèle économique, l’organisation de l’entreprise, le développement commercial et la préparation à la recherche de financements ou d’investisseurs.
Danny Denolf, directeur pays d’Enabel en RDC, a insisté lors du lancement sur la nécessité de présenter des projets économiquement viables. L’approche retenue ne consiste donc pas simplement à distribuer des subventions. Les entreprises doivent démontrer la solidité de leur activité et leur propre capacité d’investissement, tandis qu’Enabel prévoit un accompagnement pouvant inclure du cofinancement selon les projets.
Cette logique répond à l’une des difficultés récurrentes des petites entreprises congolaises. L’existence d’une activité ne suffit pas toujours pour accéder à un financement. Une entreprise doit également être capable de produire des données financières, présenter un modèle économique compréhensible, formaliser ses opérations et démontrer sa capacité à utiliser efficacement les ressources obtenues.
Pour BOFULUKI, l’évaluation devra donc dépasser le nombre d’entrepreneurs formés. Les résultats pourront être mesurés par l’évolution du chiffre d’affaires des entreprises accompagnées, les emplois supplémentaires créés, les nouveaux marchés obtenus, les financements mobilisés et la capacité des MPME à poursuivre leur croissance après les six mois d’accompagnement.
Avec 30 entreprises dans sa première cohorte sur 254 candidatures reçues, le programme démarre avec un taux de sélection inférieur à 12 %. Les deux prochaines cohortes devront porter le nombre total de bénéficiaires à 80 d’ici la fin des 18 mois prévus.
— M. KOSI









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