La Banque mondiale a actualisé le 18 août 2026 le plan de passation des marchés du projet P170835 qui soutient l’accord carbone du Maï-Ndombe. Sur les 5 millions USD mobilisés pour renforcer les outils techniques, juridiques et institutionnels du programme, 2,38 millions USD avaient été décaissés à la mi-juillet, soit 47,6 %.
La nouvelle publication de la Banque mondiale ne correspond pas à un financement supplémentaire. Elle actualise le Procurement Plan du projet P170835, intitulé « Support to the operationalization of the Emission Reductions Payment Agreement under the Maï-Ndombe ER Programme ». Ce projet d’assistance technique dispose d’une enveloppe de 5 millions USD destinée à rendre opérationnels les mécanismes nécessaires aux paiements fondés sur les réductions d’émissions, notamment le suivi du carbone, le registre REDD+, les règles de gouvernance, les sauvegardes environnementales et sociales ainsi que les capacités des institutions concernées.
Au 14 juillet 2026, la Banque mondiale faisait état de 2,38 millions USD déjà décaissés et 2,62 millions USD encore disponibles, soit un taux d’exécution financière de 47,6 %. Le calendrier du projet a été prolongé jusqu’au 30 juin 2027, alors que sa clôture était initialement fixée au 31 décembre 2025. Dans le même rapport, l’institution a abaissé l’appréciation de l’avancement du projet de « modérément satisfaisant » à « modérément insatisfaisant », tandis que son niveau de risque reste classé élevé.
L’appui de 5 millions USD ne doit pas être confondu avec les paiements carbone
Cette distinction est importante pour lire les chiffres du Maï-Ndombe. Les 5 millions USD du projet P170835 financent l’environnement institutionnel et technique permettant au programme carbone de fonctionner. Ils ne constituent pas le prix payé à la RDC pour les tonnes de CO₂ évitées. Les paiements carbone relèvent d’un autre mécanisme, l’accord d’achat de réductions d’émissions conclu avec le Fonds de partenariat pour le carbone forestier, qui peut atteindre 55 millions USD pour 11 millions de tonnes d’émissions réduites.
La RDC a déjà obtenu un premier paiement de 19,47 millions USD pour 3,89 millions de tonnes de CO₂ réduites durant la période 2019-2020. Cela correspond à environ 5 USD par tonne, selon un calcul de Lepoint.cd. Ce premier versement avait déjà été documenté par Lepoint.cd en juin 2025 et constitue donc un acquis antérieur au nouveau plan d’achats publié cette semaine.
Depuis, le programme a continué à produire des résultats. Le dernier rapport d’exécution de la Banque mondiale indique qu’une deuxième série correspondant à 5,03 millions de réductions d’émissions pour 2021-2022 était encore soumise à une vérification indépendante, attendue en septembre 2026. Pour éviter que le processus de vérification ne retarde le partage des bénéfices, le gouvernement avait demandé une avance correspondant à 2,8 millions de crédits, valorisée à 14 millions USD. La Banque mondiale indique que ce paiement anticipé a été traité avant la fin juin 2026.
Plusieurs outils REDD+ restent encore à finaliser
Le décalage entre les paiements carbone et l’exécution du projet d’assistance révèle une particularité du dispositif. La RDC a déjà réussi à monétiser une partie de ses réductions d’émissions, alors que certains outils destinés à sécuriser durablement le marché restent inachevés.
Au 6 juillet, le registre national REDD+ n’était toujours pas considéré comme pleinement opérationnel et le cadre permettant d’intégrer des projets carbone privés ou communautaires dans le programme juridictionnel du Maï-Ndombe n’était pas encore validé. La Banque mondiale signalait également qu’aucun audit annuel des infrastructures REDD+ n’avait encore été réalisé, tandis que la révision du cadre d’homologation restait retardée par la clarification des responsabilités entre les institutions chargées du marché carbone.
Dans le même temps, cinq outils nationaux REDD+ étaient déjà considérés comme opérationnalisés, notamment le système de mesure, notification et vérification des réductions d’émissions, le mécanisme de suivi du partage des bénéfices et le système national de sauvegardes. Le programme avait aussi formé ou sensibilisé 2 880 personnes dans le Maï-Ndombe aux pratiques liées à l’atténuation et à l’adaptation climatique.
L’actualisation du plan de passation des marchés du 18 août doit donc être lue comme un instrument d’exécution destiné à terminer les travaux institutionnels encore ouverts avant juin 2027. Le prochain indicateur sera moins le montant théorique de 5 millions USD que la capacité du projet à convertir les 2,62 millions USD encore non décaissés en outils fonctionnels capables de sécuriser les prochains paiements et la commercialisation future des crédits carbone congolais.
J. KAKESA









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