CMOC a dégagé un bénéfice net de 2,37 milliards USD au premier semestre 2026, en hausse de plus de 86 % sur un an. En RDC, Tenke Fungurume Mining et Kisanfu ont porté la production du groupe à 387 961 tonnes de cuivre et 65 305 tonnes de cobalt, alors que le contrôle congolais des exportations impose désormais de distinguer production et volumes effectivement vendus à l’étranger.
Les mines congolaises restent au centre de la performance financière de CMOC. Le groupe chinois a annoncé le 20 août un chiffre d’affaires semestriel de 19,87 milliards USD, en progression de 42,78 % par rapport à la même période de 2025, tandis que son bénéfice net attribuable aux actionnaires a atteint 2,37 milliards USD, contre environ 1,27 milliard USD un an auparavant. Les flux nets de trésorerie générés par les activités opérationnelles se sont établis à 2,40 milliards USD, en hausse de 36,02 %. Ces montants en dollars sont ceux communiqués par CMOC lors de la présentation de ses résultats semestriels.
Cette croissance repose en grande partie sur le cuivre. CMOC a produit 387 961 tonnes au premier semestre, soit 9,73 % de plus qu’un an plus tôt. La production de cobalt a progressé de 6,93 % pour atteindre 65 305 tonnes. Les activités cuivre-cobalt du groupe sont concentrées en République démocratique du Congo à travers Tenke Fungurume Mining, détenue à 80 %, et Kisanfu Mining, contrôlée à 71,25 %. TFM dispose aujourd’hui d’une capacité annuelle de cuivre supérieure à 450 000 tonnes, tandis que KFM dépasse 200 000 tonnes.
Près de 388 000 tonnes de cuivre en six mois

La comparaison avec le premier trimestre permet de mesurer l’accélération du deuxième trimestre. CMOC avait produit 187 880 tonnes de cuivre et 30 500 tonnes de cobalt entre janvier et mars. Par différence, le groupe a donc extrait environ 200 081 tonnes de cuivre et 34 805 tonnes de cobalt entre avril et juin, selon un calcul de Lepoint.cd à partir des résultats publiés par l’entreprise. La production trimestrielle de cuivre a ainsi dépassé pour la première fois 200 000 tonnes sur la période.
Pour la RDC, l’intérêt de ces chiffres dépasse les comptes consolidés d’un groupe coté en Chine et à Hong Kong. TFM et KFM constituent deux des plus grandes unités de production de cuivre-cobalt du pays. Leur montée en puissance soutient les exportations minières, les recettes fiscales et les paiements effectués au titre des obligations sociales et communautaires. Kisanfu indiquait par exemple avoir versé depuis le début du projet 1,693 milliard USD au Trésor public congolais et dans différentes contributions liées à ses activités, selon les données publiées par l’entreprise en juin.
La capacité congolaise de CMOC doit encore augmenter. La phase II de Kisanfu, actuellement en développement, doit ajouter environ 7,26 millions de tonnes de capacité annuelle de traitement de minerai et près de 100 000 tonnes de cuivre par an après sa mise en service prévue en 2027. L’investissement associé est évalué à environ 1,08 milliard USD. À terme, CMOC estime que KFM pourrait atteindre une production annuelle moyenne d’environ 300 000 tonnes de cuivre sur les prochaines années.
Le cobalt rencontre désormais la contrainte des quotas
Les résultats semestriels doivent toutefois être lus différemment pour le cobalt. Une tonne produite en RDC ne correspond plus automatiquement à une tonne immédiatement exportable. Kinshasa a plafonné les exportations nationales à 96 600 tonnes par an en 2026 et 2027, dans le cadre d’une politique visant à limiter l’offre internationale et à soutenir les prix après la chute enregistrée auparavant sur le marché.
CMOC figure parmi les groupes directement exposés à ce dispositif. En juillet, Reuters avait rapporté que plusieurs producteurs, dont CMOC, risquaient de perdre une partie de leurs quotas non utilisés en raison de difficultés administratives dans le système de déclaration douanière. Le régulateur congolais, l’ARECOMS, a prévu de récupérer les allocations non consommées afin de les réaffecter, notamment à des projets d’intérêt national.
Cette réglementation crée désormais trois indicateurs distincts pour analyser les performances congolaises de CMOC. Il faut suivre la production physique, les volumes de cobalt effectivement exportés et les stocks conservés sur les sites. La hausse de 6,93 % de la production de cobalt ne permet donc pas, à elle seule, de mesurer la contribution de ce métal aux ventes du semestre.
Le cuivre reste moins contraint par cette mécanique. Avec près de 388 000 tonnes produites en six mois, TFM et Kisanfu placent déjà CMOC sur une trajectoire supérieure à son niveau de 2025 si le rythme est maintenu. Le prochain test viendra du deuxième semestre, avec l’évolution des prix du cuivre, l’utilisation effective des quotas de cobalt et l’avancement de l’extension de Kisanfu prévue pour 2027.
M. MASAMUNA









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