Le cuivre s’est négocié à 14 110,6 USD la tonne au 13 août 2026, soit 12,5 % de plus qu’à fin décembre 2025. Appliqué aux 3,4 millions de tonnes exportées par la RDC l’an dernier, cet écart de prix représenterait théoriquement plus de 5,3 milliards USD de valeur brute supplémentaire. Ce calcul donne la mesure de l’exposition congolaise aux cours mondiaux, mais ne correspond pas à un revenu automatiquement encaissé par l’État ou les producteurs.
Le cuivre reste le chiffre le plus important de la dernière photographie des matières premières suivies par la Banque centrale du Congo. La tonne atteint 14 110,6 USD, en progression de 0,3 % sur une semaine et de 12,5 % depuis fin 2025. Le pétrole s’établit parallèlement à 87,1 USD le baril, en hausse de 42,9 % depuis décembre, tandis que le cobalt vaut 55 614 USD la tonne, soit 6,7 % de plus sur la même période.
Pour la RDC, l’effet potentiel du cuivre peut être chiffré. Un cours de 14 110,6 USD après une progression de 12,5 % correspond à un niveau d’environ 12 543 USD la tonne à fin 2025, selon un calcul de Lepoint.cd. L’écart atteint donc environ 1 568 USD par tonne.
Reuters rapporte que la RDC a exporté environ 3,4 millions de tonnes de cuivre en 2025, contre 3,1 millions en 2024. Si ce même volume était valorisé au cours actuel de référence, sa valeur théorique approcherait 48 milliards USD, contre environ 42,6 milliards au niveau de prix de fin 2025. La différence atteint ainsi près de 5,3 milliards USD.
5,3 milliards USD ne signifient pas 5,3 milliards de recettes supplémentaires
Ce calcul mesure un effet prix, pas un gain budgétaire. Les producteurs ne vendent pas l’intégralité de leur cuivre le même jour ni nécessairement au cours spot observé par la BCC. Les contrats commerciaux, la qualité du produit, les frais de traitement, de transport, les couvertures de prix et le calendrier des expéditions influencent le montant effectivement encaissé.
Les volumes constituent également une variable déterminante. Au premier trimestre 2026, la RDC a exporté environ 955 000 tonnes de cuivre, contre 1,09 million sur la même période de 2025. Une hausse du prix peut donc être partiellement neutralisée si les quantités vendues ralentissent.
Pour les finances publiques, l’effet est encore plus indirect. Un cuivre plus cher peut accroître les chiffres d’affaires miniers, la valeur des exportations, les redevances et certains impôts, mais la part réellement captée par l’État dépend de la fiscalité applicable, des coûts déclarés par les entreprises et du rapatriement effectif des recettes d’exportation. Cette dernière question est suffisamment sensible pour que Félix Tshisekedi ait ordonné en avril un audit des revenus miniers et des flux liés aux exportations.
Le pétrole à 87,1 USD et le cobalt à 55 614 USD renforcent également l’environnement favorable aux produits exportés par la RDC. La situation du pétrole reste toutefois plus ambivalente, puisque le pays exporte du brut mais dépend aussi fortement des importations de produits pétroliers raffinés.
Pour l’économie congolaise, le chiffre à surveiller n’est donc pas seulement le seuil des 14 000 USD. La question est de savoir combien de tonnes la RDC pourra vendre à ces niveaux élevés et quelle part de cette valorisation supplémentaire se retrouvera effectivement dans les recettes d’exportation et les finances publiques.
M. KOSI









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