La Banque mondiale recense 20,84 milliards USD d’engagements cumulés en faveur de la RDC sur 145 projets au 31 juillet 2026. Ce chiffre illustre l’ampleur des financements mobilisés au fil des années, mais il ne représente ni le portefeuille actuellement actif ni une somme disponible en trésorerie. Pour Kinshasa, la question reste surtout de transformer plus rapidement les financements déjà approuvés en projets effectivement exécutés.
La base financière officielle du Groupe de la Banque mondiale chiffre précisément les engagements cumulés à 20,8398 milliards USD. Parmi les opérations les plus récentes figure le Projet de facilitation des investissements de 100 millions USD, approuvé le 23 juillet. Celui-ci doit notamment financer la préparation technique de projets dans l’agriculture, l’énergie, le transport et l’eau, tout en renforçant les capacités de gestion des investissements publics.
La taille de ces engagements doit toutefois être interprétée avec prudence. Les 20,84 milliards USD couvrent les projets enregistrés au fil du temps, et non uniquement ceux actuellement en cours. La Banque mondiale évaluait son portefeuille actif en RDC à 7,6 milliards USD au 15 mars 2026, répartis entre 22 projets nationaux et une opération régionale. Son exposition IDA ressortait par ailleurs à 5,24 milliards USD fin juin. Ce sont trois indicateurs différents qui ne doivent pas être confondus.
Le problème des milliards qui restent à décaisser
Cette photographie intervient alors que la RDC s’interroge déjà sur la vitesse d’exécution des financements extérieurs. Une évaluation présentée au Gouvernement en août faisait état d’un portefeuille de projets financés par les partenaires techniques et financiers supérieur à 10,7 milliards USD, dont seulement 24,3 % avaient été décaissés. Plus de 8,3 milliards USD restaient donc à mobiliser sur les projets concernés.
Ces 8,3 milliards ne correspondent pas uniquement à la Banque mondiale et ne peuvent donc pas être soustraits des 20,84 milliards. Mais les deux séries posent la même question de fond. L’accès au financement international n’est qu’une première étape. Il faut ensuite satisfaire les conditions de décaissement, finaliser les études, attribuer les marchés, libérer les emprises, mobiliser les contreparties nationales et exécuter les travaux.
Le secteur privé complète cette présence du Groupe Banque mondiale. Au 28 août, l’IFC recensait 745,72 millions USD d’investissements approuvés par son conseil sur 21 projets en RDC, contre 711,37 millions USD et 20 projets recensés par Lepoint.cd à la mi-août. L’augmentation de 34,35 millions correspond à l’intégration du financement Eastcastle Debt II, destiné aux infrastructures de télécommunications. L’IFC a également approuvé 50 millions USD supplémentaires pour Airtel Congo. Ces montants sont des approbations et non nécessairement des décaissements déjà réalisés.
MIGA recense de son côté 316,18 millions USD de garanties émises depuis juillet 2008 sur 11 projets en RDC. Ses expositions récentes concernent notamment Nuru et Airtel Mobile Money. Là encore, il s’agit d’un cumul historique de garanties et non de 316 millions USD nouvellement investis dans le pays.
La RDC dispose donc d’un volume important de financements publics, privés et de garanties mobilisés au fil des années. Le prochain indicateur à suivre est moins le montant des nouvelles approbations que la vitesse à laquelle les projets actifs passent de l’engagement au décaissement, puis du décaissement aux infrastructures et services effectivement livrés.
M. MASAMUNA








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