Le Gouvernement projette une enveloppe d’environ 24,8 milliards USD pour l’exercice 2027, avec la sécurité, l’éducation, les infrastructures, la santé et les urgences humanitaires parmi les priorités annoncées. Rapporté aux hypothèses macroéconomiques officielles, ce montant représenterait près de 59,9 mille milliards CDF.
Le projet de loi de finances 2027 de la République démocratique du Congo devrait être arrêté autour de 24,8 milliards USD, selon les orientations examinées le 10 septembre à Kinshasa lors d’une réunion préparatoire présidée par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Le montant, encore appelé à franchir les différentes étapes d’adoption, est présenté par la Primature comme le niveau budgétaire le plus élevé atteint par le pays.
La comparaison avec 2026 permet de mesurer l’ampleur de la progression annoncée. La loi de finances 2026 avait fixé le budget du pouvoir central à 54 335,8 milliards CDF, soit environ 22 milliards USD. En appliquant au montant annoncé pour 2027 le taux de change moyen de 2 413,7 CDF pour un dollar retenu dans la lettre d’orientation budgétaire, les 24,8 milliards USD représentent environ 59 860 milliards CDF. Cela correspondrait à une progression proche de 10,2 % en francs congolais, d’après le calcul de notre rédaction à partir des données gouvernementales.
La mobilisation des recettes devient le principal test
L’augmentation de l’enveloppe ne signifie cependant pas automatiquement que l’État disposera de davantage de ressources effectivement encaissées. La lettre d’orientation budgétaire 2027 insiste elle-même sur le réalisme des prévisions de recettes, la maîtrise du déficit et l’amélioration de la qualité de la dépense. Le Gouvernement entend notamment élargir l’assiette fiscale, renforcer le contrôle et le recouvrement, poursuivre la digitalisation des administrations financières, généraliser davantage la facture normalisée et réduire progressivement les niches de fraude et certaines exonérations jugées injustifiées. L’objectif affiché est de porter à terme la pression fiscale à 17 % du PIB à l’horizon 2035.
Le cadrage macroéconomique sur lequel repose la préparation du budget prévoit pour 2027 une croissance de 5,5 %, une inflation moyenne de 6,4 %, une inflation de fin de période de 7 % et une croissance du secteur minier de 5 %. Le PIB nominal est projeté à 312 719,1 milliards CDF. Sur cette base, une enveloppe équivalente à 59 860 milliards CDF représenterait environ 19,1 % du PIB nominal projeté, selon le calcul de notre rédaction.
Les arbitrages annoncés accordent une place importante à la défense et à la sécurité, aux infrastructures ainsi qu’aux dépenses sociales. La lettre d’orientation budgétaire prévoit notamment le renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité ainsi que l’extension progressive de la Couverture Santé Universelle. Le Gouvernement envisage également d’étendre la prise en charge liée à la gratuité de l’enseignement aux élèves de 7e et 8e années, sans que la ventilation financière détaillée de cette mesure ne soit encore intégrée dans les informations rendues publiques.
La préparation du projet intervient parallèlement à l’examen de la reddition des comptes 2025 et à l’élaboration d’un budget consolidé 2026, présenté par le Gouvernement comme le premier exercice de ce type depuis 2015 destiné à rapprocher les données du pouvoir central et celles des provinces.
Le prochain indicateur déterminant sera désormais la structure définitive du projet, notamment le niveau des recettes internes, des ressources extérieures, de l’endettement et des crédits affectés aux différents secteurs. La Constitution impose au Gouvernement de déposer le projet de loi de finances sur le bureau de l’Assemblée nationale au plus tard le 15 septembre.
Noella NGOLA









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