BB Energy prévoit un terminal d’importation et de stockage de GPL d’une capacité de 1 800 tonnes à Boma ainsi qu’une unité d’embouteillage à Kinshasa. Le projet congolais s’inscrit dans un programme régional de 64 millions USD couvrant également l’Afrique du Sud et la Zambie, pour lequel l’IFC envisage jusqu’à 42 millions USD de financements. L’opération reste toutefois en attente d’approbation.
Une nouvelle chaîne logistique de gaz de pétrole liquéfié pourrait relier Boma à Kinshasa. BB Energy Group Holding prépare son entrée sur le marché congolais du GPL à travers deux infrastructures nouvelles destinées à importer, stocker, transporter et conditionner le gaz pour le marché intérieur.
La Société financière internationale, IFC, a publié le dossier d’un programme d’investissement évalué à 64 millions USD couvrant la RDC, l’Afrique du Sud et la Zambie. Le montage prévoit environ 21 millions USD de fonds propres apportés par BB Energy et un package IFC pouvant atteindre 42,18 millions USD. Celui-ci comprend un prêt senior de 30,15 millions, une dette subordonnée de 11,03 millions via le guichet du secteur privé de l’IDA et une prise de participation de 1 million USD spécifiquement dans le projet congolais.
Il ne s’agit pas encore d’un financement définitivement accordé. La fiche de l’IFC consultée le 17 septembre affiche toujours le statut « Pending Approval », malgré une date indicative de présentation au Conseil fixée précédemment au 7 septembre. L’institution précise elle-même que ces calendriers sont estimatifs et ne préjugent pas de la décision finale.
La ventilation exacte des 64 millions USD entre les trois pays n’est pas publiée. Il serait donc incorrect d’attribuer les 42 millions de financement envisagé par l’IFC à la seule RDC.
Boma accueillera 1 800 tonnes de capacité de stockage
En RDC, l’investissement est encore à un stade de développement greenfield. BB Energy prévoit à Boma un terminal d’importation, de stockage et de remplissage de GPL d’une capacité de 1 800 tonnes, sur un terrain loué d’environ 2,5 hectares. Durant la première phase, le gaz sera importé et stocké dans des conteneurs ISO, avant le développement progressif d’installations dédiées au déchargement maritime et au stockage terrestre.
À Kinshasa, une seconde installation d’environ 2,5 hectares doit être développée dans la Zone économique spéciale de Kin Malebo pour l’embouteillage et le remplissage. Le GPL sera acheminé depuis Boma par route au moyen de conteneurs ISO montés sur châssis ou de camions-citernes spécialisés.
BB Energy avait déjà indiqué dans son profil 2026 avoir sécurisé le terrain de son futur terminal d’importation en RDC et travailler à l’acquisition d’un deuxième site pour le remplissage et la maintenance des bouteilles. Le groupe a échangé environ 34,5 millions de tonnes de produits pétroliers et de gaz liquides en 2025, pour un chiffre d’affaires d’environ 21,45 milliards USD.
Le modèle congolais est différent de celui retenu dans les deux autres marchés du programme. En Zambie, BB Energy a déjà acquis des actifs existants de stockage et de distribution représentant environ 90 tonnes de capacité. En Afrique du Sud, le groupe prévoit une prise de participation dans un distributeur disposant d’environ 60 tonnes de stockage. La RDC concentre donc la partie du programme nécessitant la construction d’infrastructures nouvelles.
Le prix final déterminera la capacité du GPL à remplacer le charbon
Pour l’IFC, l’objectif économique est d’accroître l’offre de combustibles de cuisson moins polluants dans des marchés où l’accès reste limité. En RDC, seulement 4 % de la population dépendait principalement de combustibles et technologies propres pour les usages domestiques en 2022, selon les données de l’Organisation mondiale de la santé. L’OMS classe le GPL parmi les combustibles propres au point d’utilisation.
L’investissement arrive également au moment où la Banque mondiale développe d’autres instruments pour réduire la dépendance au bois-énergie et au charbon. Le programme FOREST prévoit notamment 20 millions USD pour favoriser la diffusion de solutions de cuisson plus propres et vise 500 000 ménages, soit environ 2,5 millions de personnes.
Le GPL répond cependant à une équation différente de celle des foyers améliorés. Son adoption à grande échelle dépendra du coût d’acquisition de la bouteille et du réchaud, mais surtout du prix du kilogramme de gaz rendu à Kinshasa, de la disponibilité permanente du produit et de la densité du réseau de distribution.
L’infrastructure Boma–Kinshasa peut réduire certains goulets logistiques en créant une chaîne d’importation dédiée. Les documents publics de l’IFC ne donnent toutefois pas encore le prix de vente ciblé, la capacité annuelle de commercialisation, le nombre de bouteilles prévues ni le calendrier de mise en service.
Le prochain jalon sera d’abord financier. L’approbation définitive du package IFC permettrait de transformer le projet congolais de BB Energy en investissement exécutable. Ensuite, le véritable test se jouera sur le marché domestique, où le GPL devra démontrer qu’il peut concurrencer économiquement le charbon de bois pour gagner durablement les cuisines congolaises.
Peter MOYI









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