Le projet de Parc agro-industriel de Mbanza-Ngungu passe désormais à l’examen technique de sa faisabilité. Une mission réunissant Mole Groupe, le Programme national de développement agricole et l’ONUDI a commencé à examiner les terrains, les conditions foncières et les paramètres économiques du projet, dont le besoin d’investissement avait été chiffré par le Gouvernement à 974,732 millions USD.
Le statut du projet de Mbanza-Ngungu évolue. Le 29 juillet, Lepoint.cd relevait encore que ce parc agro-industriel évalué autour d’un milliard de dollars attendait la réalisation des études nécessaires pour établir sa faisabilité. Une mission effectuée le 12 septembre sur les sites de Lufulu 1 et 2 confirme désormais le démarrage de ce travail préparatoire, avec la participation de Mole Groupe, du Programme national de développement agricole (PNDA) et de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel.
L’enjeu est de convertir les hypothèses industrielles, agricoles et financières accumulées depuis la structuration du projet en données suffisamment précises pour décider des investissements. Les études doivent notamment documenter les caractéristiques des sols, les superficies réellement exploitables, les infrastructures nécessaires, les contraintes environnementales, le foncier ainsi que les conditions économiques d’exploitation. L’ONUDI est présentée par le projet comme partenaire technique pour les études de faisabilité et l’application de standards internationaux.
La présence du PNDA apporte également une dimension institutionnelle supplémentaire. Ce programme agricole est soutenu financièrement et techniquement par la Banque mondiale et couvre notamment le Kongo Central. Sa documentation prévoit des interventions sur la productivité, l’accès des petits exploitants aux marchés et les infrastructures agricoles. Cette participation ne signifie toutefois pas que la Banque mondiale finance déjà le parc lui-même ou son enveloppe d’investissement. En juin, l’institution faisait partie des partenaires ayant exprimé leur disponibilité à accompagner le processus, aux côtés notamment de la BAD, du FIDA, de l’AFD et de l’ONUDI.
Le milliard de dollars reste à transformer en financement
Le Plan d’investissement public 2026-2028 inscrit le projet de PPP relatif au Parc agro-industriel de Mbanza-Ngungu pour une valeur de 1 milliard USD, avec le ministère de l’Agriculture comme autorité publique et Mole Groupe comme partenaire privé. L’avis porté dans ce document, daté du 4 juillet 2025, est favorable sous réserve de la prise en compte des observations et recommandations formulées lors de l’examen du projet.
Le chiffre gouvernemental le plus détaillé est légèrement inférieur. Lors du Conseil des ministres du 19 décembre 2025, le besoin total avait été évalué à 974,732 millions USD, à engager principalement au cours des quatre premières années. Le schéma présenté prévoit que le secteur privé apporte les capitaux et supporte le risque financier, tandis que l’État assure l’encadrement, la sécurisation et la supervision. Le même document fixe un périmètre d’environ 104 000 hectares, divisé en trois zones traversées par la rivière Inkisi, avec une mise en culture progressive d’environ 10 000 hectares par an.
Les objectifs industriels restent importants mais doivent encore être validés par les études. Les projections communiquées en juin évoquent environ 700 000 tonnes de produits agricoles transformés par an, autour du manioc, du maïs, du riz, du blé et de la canne à sucre, ainsi que plus de 20 000 emplois directs et indirects. Ces volumes et emplois constituent à ce stade des objectifs du projet, et non des résultats acquis.
La sécurisation foncière sera l’un des tests déterminants de la préparation. Les études doivent identifier les occupations et usages existants, préciser les espaces effectivement disponibles et encadrer les éventuelles mesures de compensation ou de réinstallation. Pour un projet de cette superficie, ces paramètres influencent directement le calendrier, le coût des infrastructures et le risque financier supporté par les investisseurs.
Le passage aux études de faisabilité constitue ainsi l’information réellement nouvelle par rapport aux précédentes annonces. La prochaine donnée déterminante sera leur résultat. Elle devra préciser les investissements nécessaires par composante, les rendements agricoles retenus, les besoins énergétiques et logistiques, le coût des unités de transformation et le modèle financier capable de mobiliser les quelque 975 millions USD nécessaires à la réalisation du parc.
M. MASAMUNA









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