Un an après l’ouverture de son antenne à Mbuji-Mayi, l’Agence nationale pour la promotion des investissements veut renforcer le suivi des projets déjà engagés au Kasaï Oriental. Une mission conduite du 9 au 12 septembre 2026 par sa directrice générale, Rachel Pungu Luamba, a notamment identifié l’état de la route d’accès à la cimenterie WHI Cement de Katanda parmi les contraintes affectant l’exécution des investissements.
L’Agence nationale pour la promotion des investissements veut faire de son implantation au Kasaï Oriental davantage qu’un bureau de représentation. Du 9 au 12 septembre, sa directrice générale, Rachel Pungu Luamba, a conduit une mission à Mbuji-Mayi consacrée à l’évaluation de la première année d’activité de l’antenne provinciale, aux difficultés rencontrées par les investisseurs et à l’identification de nouvelles opportunités économiques.
Cette représentation avait été officiellement inaugurée le 22 juillet 2025. En douze mois, l’ANAPI indique avoir mené des activités auprès des autorités provinciales, des opérateurs économiques et de la Fédération des entreprises du Congo, tout en participant à la préparation d’une feuille de route provinciale sur le climat des affaires et à la collecte de données économiques destinées aux investisseurs.
La nouvelle mission marque surtout un déplacement vers le suivi des contraintes rencontrées par des projets déjà implantés. Rachel Pungu Luamba a rencontré le gouverneur Jean-Paul Mbwebwa Kapo et le président de l’Assemblée provinciale, Willy Muya Mukendi, autour des priorités économiques de la province, des secteurs susceptibles d’attirer des capitaux et de l’accompagnement attendu de l’ANAPI.
À Katanda, une route devient un problème d’investissement
La visite de la cimenterie WHI Cement, dans le territoire de Katanda, fournit l’exemple le plus concret de cette approche. Selon l’ANAPI, l’état de la route desservant le site complique notamment l’acheminement des équipements et affecte le déroulement des travaux. L’entreprise doit transmettre à l’Agence un rapport détaillant les difficultés rencontrées, tandis que l’antenne de Mbuji-Mayi est chargée d’assurer le suivi des recommandations formulées.
Le cas illustre une contrainte récurrente de l’investissement productif en province. La décision d’investir ne dépend pas uniquement des avantages prévus par le Code des investissements. Pour une activité industrielle, l’état des routes, l’accès à l’électricité, la logistique d’approvisionnement et la capacité à évacuer la production interviennent directement dans le coût final du projet.
Le suivi de WHI Cement permettra donc d’apprécier la capacité de l’antenne provinciale à jouer un rôle d’interface entre l’investisseur, les autorités locales et les administrations concernées. C’est sur la résolution de contraintes de cette nature que la présence territoriale de l’ANAPI pourra être mesurée.
L’agriculture doit désormais disposer d’une base de données exploitable
La mission a également porté sur l’agriculture. Rachel Pungu Luamba s’est entretenue avec la ministre provinciale de l’Agriculture et du Développement rural, Chantal Mulanga, sur la poursuite de la collecte et de la consolidation des informations sectorielles nécessaires à la préparation d’un cahier consacré aux opportunités agricoles du Kasaï Oriental. Les travaux associent la Direction de la stratégie et de la planification de l’ANAPI et le Fonds social de la RDC.
Cette démarche intervient alors que plusieurs programmes agricoles sont déjà déployés dans la province. Le Fonds social met notamment en œuvre au Kasaï Oriental des composantes du Programme de transformation de l’agriculture portant sur les chaînes de valeur, la formation, l’entrepreneuriat et l’organisation des producteurs. En juillet, il procédait encore à la vérification des coopératives susceptibles de bénéficier de ces dispositifs.
Pour attirer des investissements privés, l’enjeu sera cependant de transformer ces potentialités agricoles en informations directement utilisables par un investisseur, avec des filières identifiées, les volumes disponibles, les infrastructures nécessaires, les marchés accessibles et les besoins de financement.
Les échanges avec la FEC ont, de leur côté, permis à l’ANAPI de recueillir les préoccupations des entreprises locales. La prochaine étape sera donc moins institutionnelle que pratique. Après une première année consacrée à l’installation et à la connaissance du tissu économique provincial, l’efficacité de l’antenne de Mbuji-Mayi pourra être appréciée à travers le nombre de projets effectivement accompagnés, les blocages résolus et les investissements qui atteignent leur phase d’exécution.
J. KAKESA









Votre avis compte
Une precision, un chiffre a corriger, une experience terrain ou une question utile ? Votre commentaire peut enrichir le debat economique.