La puissance injectée à Kinshasa est passée de 700 mégawatts (MW) à une fourchette de 390 à 450 MW, soit à peu près un tiers des 1 200 MW nécessaires pour mettre fin au délestage, a indiqué le directeur général de la Société nationale d’électricité (SNEL), Teddy Lwamba, le 1er octobre 2026. La SNEL mise sur une centrale flottante de 134 MW pour réduire l’écart.
Lors d’un briefing de presse avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le dirigeant a expliqué que la production hydroélectrique suit le niveau des eaux. De juillet à la mi-octobre, celui-ci connaît une « baisse drastique », ce qui oblige à arrêter volontairement certaines machines. Le retrait d’un groupe du réseau a aggravé la situation. Le pic de 700 MW avait été atteint entre le 11 juin et le 15 juillet 2026. Par rapport à ce niveau, la puissance injectée a reculé de 36 à 44 %, selon un calcul de Lepoint.cd. Il précise que ce pic désigne un niveau atteint et non une alimentation garantie en continu.
Faute de puissance suffisante, la SNEL pratique le délestage, qui consiste à alimenter les quartiers à tour de rôle avec l’énergie disponible. Teddy Lwamba y voit aussi l’effet d’une demande qui a changé d’échelle, avec l’essor des mines et une capitale passée de 5 à environ 20 millions d’habitants selon lui. Les importations ont complété la production nationale, mais leurs limites rendent nécessaire d’augmenter la production interne. L’assainissement du réseau a permis de récupérer 180 MW.
Une barge couvrirait environ 11 % du besoin de Kinshasa
La SNEL a reçu le 30 septembre le groupe turc Karpowership pour installer une centrale flottante de 130 à 135 MW, qui serait amarrée à Matadi et injecterait son courant vers Kinshasa. La signature du contrat est évoquée dans les prochaines semaines, et la mise en service dans un délai d’environ un mois, selon Teddy Lwamba.
Avec 134 MW de plus, Kinshasa disposerait de 524 à 584 MW, soit 44 à 49 % de ses besoins, d’après un calcul de Lepoint.cd. La barge couvrirait à elle seule 11 % des 1 200 MW requis. Elle répond à l’urgence, mais ne ferme pas l’écart. Le directeur général évalue les besoins nationaux à 5 800 MW.
Le financement reste la contrainte centrale. Teddy Lwamba cite le recouvrement des factures et des tarifs insuffisamment rémunérateurs pour certaines nouvelles sources d’énergie. Il réclame une subvention de l’État au secteur et dénonce les factures impayées des institutions publiques.
Le niveau des eaux doit remonter après la mi-octobre, et les 134 MW de la barge sont attendus dans le mois qui suit l’annonce.
H. KABAMBA









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