Le vice-Premier ministre et ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, a annoncé le 6 octobre 2026 l’interdiction de la navigation des baleinières en bois sur le fleuve Congo, ses affluents et les lacs à partir du 15 novembre, soit dans 39 jours. L’Office national des transports (ONATRA) doit déployer ses péniches métalliques, pousseurs et barges pour assurer la continuité du transport.
Dans plusieurs courriers, le ministre demande à son collègue de l’Intérieur et à celui de la Défense nationale le concours de la Police nationale congolaise et de la Force navale. Passé la date limite, elles devront intercepter et, le cas échéant, saisir les embarcations en bois encore en circulation. Le ministre justifie la mesure par la recrudescence des naufrages, dont celui du bateau MV/MJP survenu le 23 septembre sur le lac Tanganyika, selon Bankable. Il déplore que certains exploitants de baleinières continuent d’enfreindre les règles déjà en vigueur, comme le port obligatoire du gilet de sauvetage, l’interdiction de la navigation de nuit, l’interdiction de fabriquer de nouvelles baleinières en bois et le retrait des unités de plus de cinq ans.
La mesure pèse sur l’offre de transport. Selon une étude de l’organisation Mobeka, les baleinières en bois ont progressivement remplacé la flotte de l’ONATRA et sont devenues l’option la plus courante et la plus abordable pour transporter personnes et marchandises. L’ONATRA, comme la Régie des voies fluviales, reste confrontée à une flotte insuffisante et à des difficultés financières, d’après le journal Congo Nouveau. La péniche métallique présentée en août lors du lancement du balisage du fleuve peut transporter 98 passagers par rotation.
Le ministre demande à l’ONATRA de redéployer ses unités flottantes sans délai, d’optimiser et de diversifier ses itinéraires et de privilégier les axes à fort trafic de passagers et de fret. Pour les commerçants et les ménages des provinces desservies par voie d’eau, le prix et la fréquence des traversées dépendront de cette capacité de substitution.
Le nombre d’unités ONATRA effectivement déployées avant le 15 novembre et l’application de l’interdiction par la police et la Force navale seront les deux indicateurs à suivre.









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