L’inflation cumulée depuis janvier atteint 7,25 % au 25 septembre 2026, au-dessus de l’objectif de 7 % de la Banque centrale du Congo (BCC), alors que son taux directeur est de 12,5 %. L’inflation annuelle reste, elle, à 3,44 %, ce qui laisse un taux réel d’environ 9 points avant la prochaine réunion du Comité de politique monétaire (CPM).
Le rythme des prix s’accélère depuis le premier trimestre. En glissement annuel, l’inflation est passée de 2,2 % fin mars à 2,87 % fin juin, puis à 3,44 % fin septembre, selon la BCC. Le taux annualisé atteint 9,98 %. L’inflation mensuelle a été de 0,77 % en août et de 0,56 % en septembre. L’alimentation contribue à 62,4 % de la hausse mensuelle, devant le logement, l’eau, l’électricité et les combustibles (17,1 %) et les transports (9,3 %).
L’effet de base d’octobre pourrait relever l’inflation annuelle à environ 8,7 %
Le glissement annuel de 3,44 % est artificiellement bas. En octobre 2025, les prix avaient reculé de 4,35 % sur le mois, après l’appréciation du franc. Cette baisse sort du calcul en octobre 2026. Si l’inflation mensuelle d’octobre est de 0,5 %, le glissement annuel passerait à environ 8,7 %, au-dessus de l’objectif de 7 %, selon une simulation de Lepoint.cd à partir des séries de la BCC. Le taux réel serait alors d’environ 3,8 points au lieu de 9.
Le CPM a baissé son taux directeur de 25 % à 17,5 % en octobre 2025, puis à 15 % en janvier, à 13,5 % en avril et à 12,5 % le 17 juillet, avec un prêt marginal à 16,5 %.
La liquidité bancaire s’élargit. La base monétaire atteint 13 694,9 milliards de CDF au 25 septembre, en hausse de 642,3 milliards en une semaine, et les avoirs des banques à la BCC augmentent de 740,8 milliards. Le Bon BCC a injecté 176,5 milliards de CDF le 23 septembre, pour un encours de 2 182,3 milliards.
Côté change, l’interbancaire est à 2 270,47 CDF pour un dollar, soit une dépréciation de 3,92 % depuis fin 2025, contre 2 332,78 CDF au parallèle, soit un écart de 62,3 CDF. Les réserves internationales atteignent 7 818,6 millions USD au 24 septembre, en hausse de 187 millions sur une semaine, et couvrent 2,98 mois d’importations.
Les finances publiques ne montrent pas de dérapage chiffré. Le déficit de trésorerie cumulé à fin août est de 2 351,7 milliards de CDF, soit 40,6 % du programme et 28 % de moins qu’un an plus tôt, avec des recettes à 103,2 % du programme. Le prix du baril, à 106,6 USD, et l’épidémie d’Ebola, qui a ramené la croissance 2026 de 5,6 % à 5,2 % selon le FMI, pèsent toutefois sur les prix et l’activité.
Le chiffre d’inflation d’octobre, publié début novembre, dira si l’effet de base fait passer l’inflation annuelle au-dessus de 7 %.









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