La première récolte de carottes produite sur le site agricole de Mandelya, dans le territoire de Beni (Nord-Kivu), marque une nouvelle étape dans les efforts de diversification de l’agriculture locale. Les agronomes de l’Institut supérieur d’études agronomiques, vétérinaires et de foresterie de Cantine (ISEAVF-Cantine) ont procédé à la distribution de cette production aux agriculteurs ayant participé au programme, après près de trois mois de culture dans le cadre d’un système de champ-école.
Cette approche repose sur un apprentissage pratique où les producteurs sont directement formés sur le terrain afin d’améliorer leurs techniques culturales. À travers cet encadrement, les agriculteurs acquièrent de nouvelles méthodes de production qu’ils pourront ensuite appliquer dans leurs propres exploitations.
Le site de Mandelya fait partie des neuf sites maraîchers sélectionnés dans le groupement Baswagha-Madiwe pour soutenir la relance de la production agricole et encourager l’introduction de nouvelles cultures dans cette partie du territoire de Beni. Le projet bénéficie de l’appui du Gouvernement central, à travers le ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, qui fournit des semences maraîchères ainsi que des intrants agricoles destinés aux producteurs.
Au-delà de la carotte, plusieurs cultures sont concernées par cette initiative, notamment le chou, la tomate, le poivron, l’oignon rouge et l’aubergine. Après une phase d’expérimentation sur les parcelles de démonstration, ces spéculations sont progressivement transférées vers les exploitations individuelles afin d’élargir l’offre de produits maraîchers.
Selon les responsables du projet, les premiers résultats montrent que certaines contraintes agricoles locales peuvent être surmontées grâce à un accompagnement technique adapté et à l’utilisation de semences performantes. Pour de nombreux producteurs, la réussite de la culture de la carotte constitue une évolution importante, cette production étant jusque-là considérée comme peu adaptée aux conditions agroclimatiques de la région.
Au-delà de l’aspect technique, cette expérience illustre l’intérêt de renforcer les services de vulgarisation agricole pour améliorer les rendements, diversifier les cultures et accroître les revenus des exploitants. Dans un contexte où la sécurité alimentaire demeure un enjeu majeur dans l’Est de la RDC, la diffusion de nouvelles pratiques agricoles apparaît comme un levier essentiel pour renforcer la résilience des communautés rurales.
— M. KOSI









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