L’Assemblée nationale de la RDC, à travers sa Commission économique et financière (Ecofin), a récemment tiré la sonnette d’alarme. Alors que le budget 2025, estimé à 51 133 milliards de francs congolais (environ 20 milliards de dollars), représente une ambition économique importante, sa mise en œuvre repose sur une mobilisation accrue des ressources et une gestion rigoureuse des finances publiques.
Lors de la dernière plénière, l’Ecofin a mis en lumière plusieurs axes prioritaires pour garantir une meilleure mobilisation des recettes publiques. Parmi ces pistes, la réforme du système fiscal national est au centre des préoccupations. La modernisation des outils de collecte et le recours à des dispositifs électroniques fiscaux sont considérés comme des leviers indispensables pour réduire les pertes financières et améliorer la traçabilité des transactions économiques.
Le rapport a également souligné le rôle stratégique des secteurs porteurs tels que les télécommunications et le pétrole. La finalisation de l’audit des opérateurs télécoms et le développement de nouveaux mécanismes pour accroître les recettes pétrolières figurent parmi les recommandations majeures. Ces initiatives visent à maximiser les revenus issus de ces domaines cruciaux pour l’économie nationale.
En parallèle, l’Ecofin a insisté sur le contrôle renforcé des régies financières et autres institutions publiques. La mise en place de délégués spécialisés pour superviser les centres de collecte des recettes et la sanction des responsables de fuites financières sont perçues comme des étapes nécessaires pour restaurer la confiance dans le système. Ces mesures devraient également permettre à l’État de sécuriser les revenus qui lui échappent encore trop souvent.
La question des entreprises publiques transformées en sociétés commerciales n’a pas été éludée. L’Ecofin exhorte ces entreprises à respecter leurs obligations envers l’État en termes de dividendes. Ce respect passe par des vérifications systématiques de la conformité et de l’exactitude des montants reversés. Dans un contexte où chaque franc compte, ce contrôle pourrait significativement améliorer les ressources disponibles pour les investissements publics.
Le secteur minier, ainsi que les ressources pétrolières et gazières, constitue un autre volet crucial des recommandations. Le pays, riche en minerais et en hydrocarbures, a tout à gagner en accélérant le processus de certification de ses réserves. Ces certifications permettraient d’accéder à des financements sur les marchés internationaux, offrant ainsi des perspectives de développement durable à moyen et long terme.
Enfin, l’Ecofin a mis en garde sur la nécessité d’un suivi parlementaire strict pour garantir une exécution conforme des dépenses budgétaires. Des contrôles réguliers devraient permettre d’assurer une transparence totale dans l’allocation des fonds et de rectifier rapidement les éventuelles dérives.
La révision du budget, passée de 49 846 milliards à 51 133 milliards de francs congolais, illustre l’ambition de répondre aux attentes croissantes d’une population en quête de meilleures conditions de vie. Toutefois, cette ambition ne pourra se concrétiser qu’à travers une discipline budgétaire sans faille et une gestion optimisée des ressources publiques.
Par Peter MOYI

