Le 10 décembre, le ministre des Infrastructures, John Banza Lunda, a reçu à Kinshasa une délégation de la Banque mondiale conduite par Binyam Reja. Les deux parties ont confirmé leur volonté de faire avancer rapidement le Corridor de Lobito, un axe ferroviaire et routier qui doit ouvrir le centre du pays vers l’Est et vers les frontières régionales.
Un corridor de transport qui pèse sur la croissance et les finances publiques
Pour le ministre, le Corridor de Lobito ne se limite pas à des rails ou à du bitume, il s’agit d’un ensemble cohérent de transports qui combine chemin de fer, routes, voies navigables et aviation. L’objectif est clair, réduire les temps de trajet entre les zones minières, les centres de consommation et les points d’exportation, afin de faire baisser les coûts de transport pour les entreprises et de sécuriser les recettes fiscales liées à ces flux.
Les discussions ont porté sur l’avancement des programmes PACT 1 et PACT 2, déjà engagés avec la Banque mondiale, et sur la préparation du PACT 3. Ces programmes servent de cadre financier et technique pour planifier les travaux, cibler les tronçons prioritaires et organiser les contrats. Une meilleure qualité des routes et du rail signifie moins de pertes de marchandises, moins de pannes, une rotation plus rapide des camions et des wagons, ce qui améliore la trésorerie des entreprises et accélère les rentrées de TVA et de droits de douane.
La délégation et le ministre ont aussi insisté sur les infrastructures indispensables à un corridor pleinement opérationnel, raccordements vers les sites de production, aménagement des gares et des postes frontaliers, organisation de la logistique dans les villes traversées. Sans ces maillons, la ligne reste sous utilisée et le pays ne capte pas tout le potentiel en termes de recettes publiques, d’emplois et d’investissements privés.
Un Forum national sur les infrastructures sera organisé avec la Banque mondiale. Ce rendez vous doit permettre de mettre autour de la même table l’État, les partenaires techniques et financiers ainsi que le secteur privé. L’enjeu central, disposer d’un portefeuille de projets structurés et finançables, avec des priorités claires entre réhabilitation, extension et entretien, afin d’éviter les chantiers dispersés et coûteux.
Sur le terrain, une étape concrète est annoncée pour le 18 décembre à Butembo. Le ministre lancera de nouveaux travaux routiers en présence de 15 députés de l’Est. Cette séquence envoie un signal politique et économique aux opérateurs comme aux ménages, l’État investit dans l’accès routier d’une région où le mauvais état des axes renchérit le prix des biens de base, isole les producteurs agricoles et ralentit les échanges.
En rapprochant les pôles miniers, les zones agricoles et les centres urbains, le Corridor de Lobito peut, à terme, réduire le coût du transport intérieur, améliorer la compétitivité des exportations et donner plus de visibilité aux finances publiques. La coopération étroite entre la RDC et la Banque mondiale autour des programmes PACT doit maintenant se traduire en chantiers livrés dans les délais, sinon le pays perd une partie du bénéfice attendu en termes de croissance et de stabilité macroéconomique.
M. KOSI



