Le lundi 26 janvier, le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a réuni une délégation de la Banque mondiale conduite par Albert Zeufack, directeur des opérations en RDC. Objectif affiché : préparer la réunion RDC–Zambie–Angola des 5 et 6 février à Luanda, consacrée à l’accélération du projet de corridor de Lobito et à la relance de la CEPGL.
Derrière le discours sur les infrastructures et l’intégration régionale, l’enjeu touche aussi la politique monétaire, même si la Banque centrale n’était pas autour de la table. Car un corridor commercial qui fonctionne change la donne sur trois points clés : l’offre de devises, le coût des importations et la vitesse de circulation des marchandises. Or, en RDC, ces trois paramètres pèsent directement sur le taux de change et sur l’inflation importée, donc sur le pouvoir d’achat.
Selon Albert Zeufack, la discussion a porté sur la nécessité de faire du corridor de Lobito « une véritable plateforme d’échanges régionaux », avec facilitation du commerce et création d’emplois dans les villes situées le long du corridor. Dit autrement : réduire les frictions aux frontières, limiter les délais et sécuriser les flux.
Faciliter le commerce, c’est d’abord une question de coûts. Moins de jours d’attente, moins de formalités redondantes, plus de prévisibilité. Pour les entreprises, cela signifie des importations moins chères et des exportations plus compétitives. Pour les ménages, c’est un mécanisme simple : si le transport et les blocages coûtent moins, les prix peuvent moins monter, surtout pour les produits importés.
Les échanges ont aussi inclus la mise en œuvre d’un projet de facilitation du commerce « au niveau régional » et la poursuite de ces activités afin d’augmenter les échanges au sein de la Communauté des pays des Grands Lacs (CEPGL). Dans une économie dollarisée comme celle de la RDC, tout gain sur la logistique et la fluidité commerciale peut se traduire par une pression moindre sur la demande de dollars et, à terme, par une meilleure stabilité des prix.
La CEPGL a été replacée au centre de la discussion. Albert Zeufack a évoqué un accord sur le renforcement des capacités de l’organisation, présentée comme l’institution chargée de la mise en œuvre de l’Accord de Washington au niveau local, pour faciliter commerce et investissements. Julien Paluku a, de son côté, réaffirmé son soutien à la redynamisation de la CEPGL, qu’il décrit comme un socle du cadre d’intégration économique régionale prévu par les Accords de Washington.
Enfin, la Banque mondiale a réitéré son engagement à accompagner la RDC dans la construction d’infrastructures à Kasindi, Goma, Bukavu et Uvira, dans le cadre du programme de soutien à la relance de la CEPGL. Ces chantiers sont présentés comme des points d’appui pour rendre les échanges plus rapides et plus sûrs.
Pour Kinshasa, le pari est clair : en améliorant les couloirs de circulation et les règles du jeu aux frontières, la RDC cherche à stimuler le commerce, attirer des investissements et, par ricochet, réduire une partie des tensions qui alimentent la hausse des prix et la volatilité du marché des changes.
— Peter MOYI

