Le Fonds monétaire international (FMI) estime que les règles prudentielles appliquées aux banques doivent davantage tenir compte des réalités économiques des pays en développement, notamment en Afrique. Dans une récente note technique consacrée aux coussins prudentiels et au Pilier 2 de Bâle (TNM/2026/02), l’institution internationale considère que les normes bancaires internationales, conçues à l’origine pour les grandes banques des économies avancées, ne reflètent pas toujours les spécificités des marchés émergents. Pour le FMI, une application uniforme de ces standards peut conduire à une appréciation incomplète, voire erronée, des risques financiers.
L’institution cite notamment le cas du ratio crédit sur PIB, largement utilisé pour détecter les risques de surchauffe financière. Dans les économies développées, une forte progression du crédit peut traduire un excès d’endettement et justifier un renforcement des exigences prudentielles. En Afrique, le même phénomène peut simplement refléter un approfondissement du système financier, où les ménages et les entreprises accèdent progressivement aux services bancaires. Autrement dit, une croissance rapide du crédit ne traduit pas automatiquement une accumulation excessive de risques, mais peut accompagner le développement économique.
Face à ce constat, le FMI recommande une supervision bancaire davantage fondée sur les risques réels, en combinant plusieurs indicateurs macroéconomiques, financiers et institutionnels plutôt qu’en appliquant mécaniquement des seuils définis pour d’autres économies. Cette approche vise à distinguer les déséquilibres conjoncturels des fragilités structurelles propres à chaque pays et à mieux calibrer les exigences imposées aux établissements financiers.
Pour les banques africaines, cette évolution pourrait modifier la manière dont les superviseurs évaluent la solidité du secteur financier. Une analyse plus contextualisée permettrait de mieux prendre en compte des facteurs comme la dépendance aux matières premières, les fluctuations des monnaies locales, la concentration sectorielle des portefeuilles, les risques souverains ou encore les tensions géopolitiques. Ces éléments influencent directement la stabilité financière mais restent souvent insuffisamment intégrés dans les modèles internationaux standardisés.
Cette évolution intéresse également les investisseurs internationaux. Une meilleure évaluation des risques propres aux économies africaines pourrait améliorer la compréhension des marchés du continent et limiter certaines primes de risque appliquées aux banques ou aux États africains. À terme, cela pourrait favoriser un accès plus compétitif aux financements internationaux, soutenir le développement du crédit et renforcer l’attractivité des systèmes financiers africains auprès des investisseurs institutionnels.
Pour la République démocratique du Congo, cette réflexion intervient dans un contexte marqué par plusieurs réformes destinées à renforcer la stabilité financière, améliorer la transparence du secteur bancaire et moderniser les dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux. Si les recommandations du FMI devaient progressivement être intégrées dans les pratiques des autorités de supervision, elles pourraient contribuer à une appréciation plus fidèle des risques spécifiques aux économies africaines, tout en maintenant l’alignement avec les standards internationaux de Bâle.
— M. KOSI









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