La République démocratique du Congo poursuit ses efforts pour valoriser son patrimoine forestier dans les mécanismes internationaux de financement climatique. Réuni le 4 juin 2026 à Kinshasa, le Comité de pilotage du Fonds National REDD+ (FONAREDD) a validé le rapport annuel consolidé de l’exercice 2025. Ce document dresse le bilan de près de dix années d’interventions financées dans le cadre de la lutte contre la déforestation, de la préservation des écosystèmes et du développement durable. Entre 2016 et 2025, 36 programmes ont été mis en œuvre à travers le pays avec l’appui de partenaires nationaux et internationaux.
La réunion était présidée par le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, également président du Comité de pilotage politique du FONAREDD. Elle a réuni les représentants des ministères concernés, les partenaires techniques et financiers, la société civile ainsi que les ambassadeurs des pays membres de l’Initiative pour la Forêt de l’Afrique Centrale (CAFI). Les échanges ont principalement porté sur les résultats obtenus dans le cadre du partenariat CAFI-RDC 2021-2031, qui constitue aujourd’hui l’un des principaux dispositifs de financement des politiques climatiques et forestières du pays.
Les forêts congolaises au cœur des financements climatiques internationaux
Au cours des travaux, les différents partenaires ont salué les progrès réalisés dans la gestion des ressources mobilisées ainsi que dans l’exécution des projets financés sur le terrain. Depuis sa création, le FONAREDD s’est progressivement imposé comme le principal instrument financier national consacré à la lutte contre la déforestation et à la promotion d’une gestion durable des ressources naturelles. Les programmes soutenus couvrent plusieurs secteurs, notamment l’agriculture résiliente face aux changements climatiques, l’aménagement du territoire, la gouvernance environnementale et le développement d’activités économiques alternatives destinées à réduire la pression sur les forêts.


La RDC occupe une place particulière dans les discussions mondiales sur le climat. Le pays abrite plus de 60 % des forêts du bassin du Congo, considéré comme le deuxième massif forestier tropical de la planète après l’Amazonie. Cette richesse environnementale représente un atout pour la régulation du climat mondial grâce à sa capacité d’absorption du carbone. Dans un contexte où les pays industrialisés cherchent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, les forêts congolaises apparaissent comme un élément important des stratégies internationales de lutte contre le réchauffement climatique.
Pour les autorités congolaises, la protection des forêts ne constitue plus seulement un objectif environnemental. Elle représente également une opportunité économique à travers l’accès aux financements verts et aux mécanismes internationaux de compensation carbone. C’est dans cette logique que le FONAREDD accompagne plusieurs réformes destinées à améliorer la gouvernance forestière, renforcer la transparence dans la gestion des ressources naturelles et encourager des modèles de développement plus durables.
La validation du rapport annuel 2025 intervient alors que les financements climatiques prennent une place croissante dans les stratégies de développement des pays africains. Pour la RDC, l’enjeu est désormais de transformer ces ressources en investissements capables de générer des emplois, de soutenir les communautés locales et de préserver durablement l’un des plus importants patrimoines forestiers de la planète.
— M. KOSI






