La République démocratique du Congo entre dans une phase décisive de son processus de retrait de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), l’organisme international chargé de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. À cet effet, une réunion interministérielle de haut niveau s’est tenue lundi 01 Juin à Kinshasa pour préparer la prochaine mission d’évaluation des experts de l’institution.
Cette rencontre a été co-présidée par le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, et le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi. Plusieurs membres du gouvernement y ont participé, notamment les ministres de la Justice, des Mines, de l’Économie numérique ainsi que le ministre délégué à la Défense chargé des Anciens combattants.
Selon le gouvernement, le pays a satisfait aux 40 recommandations de l’organisation et transmis dix rapports techniques détaillant les mesures adoptées pour renforcer son dispositif de lutte contre les flux financiers illicites.
La prochaine mission des experts du GAFI, dont la date pourrait être annoncée le 17 juin, est considérée comme l’ultime étape avant une éventuelle sortie de la liste grise. Le gouvernement congolais entend y démontrer non seulement l’existence des réformes engagées, mais également leur application effective et leur caractère durable.
Dans son intervention, Jacquemain Shabani a souligné que les enjeux liés au blanchiment des capitaux et au financement du terrorisme dépassent largement le cadre économique.
Selon lui, ils touchent directement à la sécurité nationale, à la lutte contre la criminalité organisée et à la consolidation de l’autorité de l’État.
En outre, il a rappelé que les services placés sous sa tutelle, notamment ceux chargés de la sécurité intérieure, du contrôle des frontières, de la gouvernance territoriale et de la lutte contre la fraude minière, sont pleinement impliqués dans la mise en œuvre des réformes exigées par le GAFI.
De son côté, le ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa, a insisté sur les avancées enregistrées dans le secteur judiciaire. Dans un message publié à l’issue des travaux, il a indiqué que la RDC avait renforcé son arsenal juridique, intensifié la répression spécialisée des infractions financières et consolidé les données judiciaires nécessaires à l’évaluation internationale.
« La sortie de la liste grise constitue un enjeu majeur pour la Nation. Elle engage la crédibilité de l’État, la confiance de nos partenaires et l’attractivité économique du pays », a-t-il déclaré.
A en croire les autorités congolaises, un retrait de la liste grise du GAFI permettrait d’améliorer l’image financière du pays, de faciliter les transactions internationales, de réduire certains coûts liés aux opérations bancaires et de renforcer la confiance des investisseurs étrangers.
À l’approche de cette échéance cruciale, le gouvernement affiche ainsi sa volonté de maintenir la dynamique des réformes afin de convaincre définitivement le GAFI et d’ouvrir une nouvelle étape dans l’intégration de la RDC au système financier international.
Eldad B.




