La nouvelle usine de Lovoy peut produire 7 000 mètres cubes d’eau par jour et porter la capacité totale de Kamina à près de 10 000 mètres cubes. Après l’inauguration, l’efficacité de l’investissement dépendra désormais des raccordements, de la distribution régulière et de l’entretien des équipements.
Le Président Félix Tshisekedi a inauguré, le 29 juillet 2026 à Kamina, la nouvelle usine de captage et de traitement d’eau potable de Lovoy. L’installation est destinée à desservir environ 230 000 habitants du chef-lieu du Haut-Lomami, ainsi que la base militaire située dans cette partie de la ville.
L’ouvrage dispose d’une capacité de production de 7 000 mètres cubes par jour. Il comprend une station de captage, une unité de traitement et cinq kilomètres de conduites reliant le site au château d’eau de Kamina. L’investissement est évalué à 13 millions USD. Avant cette mise en service, la ville dépendait principalement de l’usine de Lupoka, dont la capacité atteignait environ 2 500 mètres cubes par jour. La réhabilitation de cette ancienne installation, combinée à la production de Lovoy, porte désormais la capacité globale annoncée à près de 10 000 mètres cubes par jour.
Ce renforcement représente presque quatre fois la capacité précédemment disponible. Il améliore les possibilités d’approvisionnement d’une ville confrontée depuis plusieurs décennies à une desserte insuffisante, particulièrement dans Kamina-Centre et autour de la base militaire.
La distribution devient le prochain test
La capacité installée ne se traduit pas automatiquement par une alimentation continue de tous les ménages. Pour que les 230 000 bénéficiaires annoncés reçoivent effectivement de l’eau, les conduites secondaires, les branchements domestiques, les bornes-fontaines et la pression du réseau devront suivre le rythme de la production.
La REGIDESO a annoncé le lancement prochain d’un programme de raccordements sociaux. Ce dispositif devra permettre aux ménages qui ne disposent pas encore d’un branchement d’intégrer le réseau de distribution. L’impact économique de l’usine dépendra également de la régularité du service. Une production disponible mais interrompue par des pannes d’électricité, des problèmes de maintenance ou des défaillances du réseau réduirait les bénéfices attendus pour les ménages, les écoles, les centres de santé et les activités commerciales.
Le fonctionnement durable de Lovoy exigera donc des ressources pour l’énergie, les produits de traitement, les pièces de rechange, la surveillance de la qualité et l’entretien des conduites. La protection de la rivière utilisée pour le captage devra aussi accompagner l’exploitation de l’usine.
L’eau est prélevée dans la rivière Lovoy, dont la concentration en fer nécessite un traitement avant sa distribution. La performance de l’installation devra par conséquent être mesurée non seulement par le volume produit, mais aussi par la qualité de l’eau délivrée et la fréquence réelle du service.
Un investissement issu de la coopération sino-congolaise
L’infrastructure a été réalisée dans le cadre du programme de coopération sino-congolais. Le ministère des Infrastructures et Travaux publics en a assuré la maîtrise d’ouvrage, l’Agence congolaise des grands travaux a coordonné le projet, tandis que les entreprises chinoises CREC 7 et SISC ont exécuté les travaux.
Le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Molendo Sakombi, a inscrit cette réalisation dans le renforcement du service public de l’eau. Il a également annoncé des projets similaires à Kananga et à Tshikapa. Le Gouvernement entend poursuivre ces investissements à travers le Compact Eau et la Politique nationale du service public de l’eau. À l’horizon 2035, les autorités visent un taux national d’accès à l’eau potable de 60 %, ainsi qu’un accès aux services d’assainissement et d’hygiène de 50 %.
À Kamina, la prochaine évaluation devra porter sur le nombre de branchements réalisés, les quartiers effectivement desservis, le prix payé par les ménages et la continuité de l’approvisionnement. Ces indicateurs permettront de déterminer si les 13 millions USD investis se traduisent durablement par de l’eau disponible au robinet.
— M. MASAMUNA









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