Zijin Mining estime que les perturbations persistantes à Kamoa-Kakula pourraient réduire jusqu’à 57 000 tonnes sa production de cuivre attribuable en 2026. À plus de 14 000 USD la tonne sur le LME, ce volume représente théoriquement plus de 800 millions USD de métal. Surtout, cette perte potentielle intervient dans un marché où les stocks disponibles ont déjà provoqué de fortes tensions sur les prix.
Kamoa-Kakula pèse désormais suffisamment lourd pour que ses difficultés opérationnelles affectent directement les objectifs d’un des plus grands groupes miniers mondiaux. Zijin Mining, qui vise 1,2 million de tonnes de cuivre extrait en 2026 sur l’ensemble de ses opérations, estime que les conséquences des perturbations à la mine congolaise pourraient retrancher jusqu’à 57 000 tonnes de sa quote-part annuelle.
Le chiffre est considérable à l’échelle de l’actif. Au premier semestre, Zijin a comptabilisé 54 375 tonnes de cuivre attribuable provenant de Kamoa, contre 58 938 tonnes produites par son autre actif congolais de Kolwezi, dont 39 489 tonnes lui étaient attribuables. La perte potentielle de 57 000 tonnes équivaut donc à un volume légèrement supérieur à toute la production attribuable de Kamoa enregistrée par Zijin durant les six premiers mois de 2026.
Les difficultés remontent à mai 2025, lorsque des événements sismiques à Kakula ont endommagé des infrastructures de pompage et provoqué d’importantes entrées d’eau dans la mine souterraine. La production a depuis repris progressivement, mais l’assèchement, la sécurisation des zones affectées et la réorganisation du plan minier continuent de peser sur les volumes.
Un manque qui arrive lorsque le cuivre vaut plus de 14 000 USD
Le dernier cadrage d’Ivanhoe Mines est désormais plus prudent que les premières estimations de l’année. La société a ramené sa prévision 2026 à 290 000–310 000 tonnes de cuivre, après une première révision à 290 000–330 000 tonnes contre 380 000–420 000 tonnes auparavant. Les coûts C1 sont parallèlement attendus entre 2,60 et 3 USD la livre.
À 14 247 USD la tonne, niveau observé sur le LME le 24 août, 57 000 tonnes représentent environ 812 millions USD de valeur brute théorique, selon un calcul de Lepoint.cd. Ce montant ne constitue évidemment pas une perte comptable automatique pour Zijin. Les prix effectivement réalisés, les volumes récupérés plus tard et les contrats de vente modifieront le résultat final. Il donne toutefois une idée de l’importance économique du tonnage concerné.
Le calendrier rend ce recul encore plus sensible. Mi-août, le marché londonien a connu une forte compression du cuivre physique, avec un prix cash ayant atteint 14 912 USD la tonne et un peu plus de 103 000 tonnes immédiatement disponibles dans les stocks vivants du LME. Les disponibilités se sont ensuite améliorées, mais cet épisode a montré la nervosité du marché face aux contraintes d’approvisionnement.
L’International Copper Study Group a d’ailleurs abaissé à 1,6 % sa prévision de croissance de la production minière mondiale en 2026, citant explicitement les révisions en RDC, au Chili et en Indonésie. Kamoa figure parmi les actifs dont la production reste contrainte après les incidents de 2025.
Pour la RDC, le message dépasse donc Zijin. Une perturbation sur une seule grande mine congolaise peut aujourd’hui retirer plusieurs dizaines de milliers de tonnes d’un marché mondial déjà très attentif à la disponibilité du métal. Kamoa-Kakula n’est plus seulement un actif stratégique pour ses actionnaires. Sa capacité de production devient elle-même une variable suivie par les marchés internationaux du cuivre.
M. KOSI









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