Kinsevere a produit 33 800 tonnes de cathodes de cuivre au premier semestre 2026, en hausse de près de 33 % sur un an. La mine de MMG accélère grâce au traitement des minerais sulfurés et à la fosse satellite de Nambulwa, mais l’électricité reste suffisamment critique pour que le groupe installe un système de stockage par batteries. Au rythme du premier semestre, Kinsevere se situe toutefois dans sa fourchette annuelle de 65 000 à 75 000 tonnes.
La mine de Kinsevere, située à une trentaine de kilomètres de Lubumbashi dans le Haut-Katanga, commence à matérialiser les investissements réalisés pour prolonger son exploitation. Elle a produit 16 820 tonnes de cuivre au premier trimestre, puis 16 980 tonnes au deuxième, portant son total semestriel à 33 800 tonnes. Un an auparavant, la production des six premiers mois atteignait 25 425 tonnes. La progression ressort ainsi à 32,9 %, selon un calcul de Lepoint.cd.
La croissance vient principalement de la montée en puissance du circuit de traitement des minerais sulfurés construit dans le cadre du Kinsevere Expansion Project. Au deuxième trimestre, MMG attribue aussi l’amélioration des volumes à l’intensification de l’extraction dans la fosse satellite de Nambulwa. Ce passage vers les minerais sulfurés est stratégique pour la durée de vie de Kinsevere, que le groupe projette au moins jusqu’en 2035. À plein régime, l’infrastructure est conçue pour approcher 80 000 tonnes de cathodes de cuivre par an.
L’électricité reste le verrou de la montée en puissance
Les chiffres du premier semestre rapprochent déjà MMG de son objectif 2026. Le groupe maintient une prévision comprise entre 65 000 et 75 000 tonnes. Pour atteindre le bas de cette fourchette, Kinsevere doit encore produire 31 200 tonnes au second semestre, soit 15 600 tonnes en moyenne par trimestre. Pour atteindre 75 000 tonnes, il lui faudrait 41 200 tonnes supplémentaires, soit 20 600 tonnes par trimestre.
Si la cadence moyenne des six premiers mois était simplement reproduite, la production annuelle approcherait 67 600 tonnes, selon un calcul de Lepoint.cd. Kinsevere se placerait donc dans sa fourchette de prévision, mais encore en dessous de sa capacité nominale de 80 000 tonnes.
L’écart s’explique en partie par une contrainte devenue récurrente pour les producteurs miniers du sud de la RDC. MMG cite depuis plusieurs exercices la fiabilité de l’alimentation électrique parmi les facteurs qui perturbent la production, la stabilité des équipements et les coûts. En 2025, ces difficultés avaient limité la montée en régime du projet d’expansion et contribué à maintenir la production annuelle à 52 791 tonnes.
Pour réduire ce risque, Kinsevere déploie en 2026 un Battery Energy Storage System, BESS, destiné à fournir une alimentation de secours lors des interruptions temporaires du réseau. MMG prévoyait la construction et la mise en service du système au troisième trimestre. Le groupe avait également renforcé ses capacités de production de secours par groupes électrogènes.
Pour les investisseurs et les autorités congolaises, Kinsevere fournit ainsi un indicateur concret de la relation entre énergie et croissance minière. L’outil industriel permet désormais de traiter davantage de minerai sulfuré et la production augmente rapidement. La prochaine marge de progression dépendra moins de la seule capacité minière que de la possibilité de fournir à cette capacité une électricité suffisamment stable.
Noella NGOLA









Votre avis compte
Une precision, un chiffre a corriger, une experience terrain ou une question utile ? Votre commentaire peut enrichir le debat economique.